Coup dur pour Kamel Daoud qui vient d’être désavoué par son épouse, Aïcha Dahdouh qui a publié, dimanche, un communiqué dans lequel elle affirme sa disponibilité à comparaître devant la justice algérienne.
Elle affirme également qu’elle ne partage pas les idées de l’agent KD, concernant l’Algérie, l’Islam ou la Palestine. Cette sortie de Mme Daoud, publiée sur son compte X (ex-Twitter) est venue relancer l’affaire de justice qui oppose Saâda Arbane, une rescapée d’un massacre perpétré par les terroristes islamistes durant la décennie noire, qui accuse l’auteur et son épouse de lui avoir volé son histoire pour écrire son roman « Houris » qui lui a permis de décrocher le prix Goncourt 2024. Aïcha Dahdouh indique dans son post, que le 27 octobre 2026 (aujourd’hui, ndlr), le tribunal d’Oran rendra son délibéré dans la procédure engagée contre elle pour des allégations de divulgation du secret médical et vol de dossier médical, dans le cadre du roman « Houris » de Kamel Daoud, son époux. « Je parle en mon nom, comme médecin, avec humilité et responsabilité. L’Algérie porte des traumatismes générationnels encore ouverts. Les personnes vulnérables doivent pouvoir se confier à un psychiatre sans crainte. Par ma défense, je souhaite aussi préserver la confiance dans mon métier : l’enjeu dépasse ma personne. Le secret médical est l’un des fondements de l’éthique médicale, et je lui ai toujours été fidèle ». Elle clame son innocence en affirmant : « je suis innocente. Je n’ai pas divulgué le secret médical. Je n’ai pas volé de dossier. Le médecin n’est pas le propriétaire du dossier : il en est le dépositaire, pour la personne soignée, sous le sceau du secret. Si une condamnation devait être prononcée, je la contesterai. Mon souhait était de me présenter devant la justice de mon pays. C’était le seul cadre juridique possible pour ma défense, et le seul où le secret médical pouvait être respecté ». Abordant son absence du pays, elle souligne que : « je n’ai pas pu me rendre en Algérie. Le retentissement des positions de Kamel Daoud et une situation familiale déjà douloureuse m’en ont empêchée, tout comme mon devoir de protection en tant que mère, de responsabilité en tant que médecin et d’intégrité en tant qu’Algérienne. Cette procédure m’empêche déjà d’exercer un droit et d’accomplir un devoir essentiel : accompagner mon père en fin de vie et lui faire mes adieux, pour que son âme repose en paix. En Algérie, être auprès des siens jusqu’au dernier souffle est un devoir sacré que nous transmettent nos aînés ».
« La voix de mon époux ne doit pas effacer la mienne »
Plaidant toujours son innocence, elle se démarque de son époux en affirmant : « je respecte la liberté d’expression et de création, comme je respecte le travail de la presse. Mais la voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne. Sur trois questions essentielles, l’Algérie, l’Islam et la Palestine, je ne partage pas ses positions. Je le dis sans animosité. Plus profondément encore, ce qui nous sépare, c’est le regard porté sur la douleur d’autrui. Mon métier m’a appris un principe simple : la douleur humaine, ça se respecte. Toutes les victimes méritent le respect de leurs souffrances, sans hiérarchie ni distinction, d’où qu’elles viennent. Plus la parole est libre, plus elle engage la responsabilité. Les mémoires blessées appellent l’écoute, des mots justes et mesurés. L’Algérie est mon pays. J’y ai été formée, j’y ai soigné et enseigné. Ses valeurs sont les miennes : la dignité, la solidarité, le respect des aînés et de la foi de chacun. Il n’y a aucune haine en moi. Frantz Fanon, qui fut psychiatre en Algérie, l’écrivait dans Les Damnés de la terre : « la haine ne saurait constituer un programme ». Je choisis le respect des douleurs humaines. Je me tiens à la disposition de la justice algérienne, avec mes avocats, dont Maître Emmanuel Daoud, avocat au barreau de Paris (sans lien de parenté avec Kamel Daoud). Je refuse que d’autres voix s’expriment en mon nom. Je reste attachée à mon pays, à sa terre et à son peuple. Je ne renonce ni à moi-même, ni à ce en quoi je crois ».
Cette sortie de la personne la plus proche de l’agent KD sonne comme un désaveu pour lui. Il a renié sa famille, sa patrie, ses coreligionnaires. Il a craché sur le combat juste des peuples en lutte pour plaire à ceux qui l’ont adoubé pour casser les principes de l’académie française et lui offrir le prix Goncourt. Il a renié toute son histoire d’enfant du peuple algérien, né dans un patelin, dans la wilaya de Mostaganem, qui compte des centaines de martyrs de la guerre de libération nationale pour trahir tout ce qui le rattache à la patrie.
Aujourd’hui son épouse se démarque de ses positions qui sont ni plus ni moins qu’un service rendu aux ennemis du pays dont il est devenu un agent zélé qu’on fait parler quand on veut nuire à l’Algérie et auquel on ordonne de se taire quand il commence à ruer dans les brancards ce qui n’est pas encore son cas. Et en attendant, Saâda Arbane continue de se battre pour faire payer ceux qui lui ont volé son histoire et une partie de son existence.
Slimane B.







