13e édition du Concours Rabah Aissat (Tizi-Ouzou) : Ighil Imoula sacré village le plus propre

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Le village historique d’Ighil Imoula a remporté le premier prix de la 13e édition du concours Rabah Aissat, récompensant le village le plus propre de la wilaya de Tizi-Ouzou. Cet événement phare, qui célèbre ses vingt ans d’existence, continue de susciter un engouement citoyen exceptionnel en alliant salubrité environnementale, sauvegarde du patrimoine et dynamiques sociales.
Jeudi, à la Maison de la culture Mouloud Mammeri, l’Assemblée populaire de wilaya (APW) de Tizi-Ouzou a levé le voile sur les lauréats de cette prestigieuse compétition écologique à laquelle trente-cinq villages ont pris part cette année. C’est Ighil Imoula, village de la commune de Ouadhias célèbre pour avoir abrité l’impression de la Déclaration du 1er novembre 1954, qui a décroché la première place, empochant ainsi une dotation de six millions de dinars. Il est talonné sur le podium par le village Iguer Amrane de la commune d’Aït Zikki, récompensé de cinq millions de dinars, et par Ait Tighilt dans la commune de Mekira, qui repart avec quatre millions de dinars. Lors de la cérémonie organisée en présence des autorités locales et de la société civile, le président de l’APW, Smail Benhamna, a félicité les onze villages primés au total, réitérant l’engagement de son institution à maintenir et financer cette dynamique qui améliore concrètement le bien-être des populations.
Lancé en 2006 par le défunt président de l’APW dont il porte le nom, le concours a su s’ancrer profondément dans les mœurs locales. À ses débuts, l’évaluation se limitait à cinq critères fondamentaux adaptés à la vie de montagne, tels que l’entretien de la source d’eau et de l’abreuvoir, la place communautaire « Tajmaat », le respect du règlement intérieur, ainsi que l’état des lieux de culte et du cimetière. Depuis, la grille d’évaluation n’a cessé d’évoluer. Comme l’explique Hachemi Radjef, président de la commission santé, hygiène et protection de l’environnement de l’APW, de nouvelles exigences sont régulièrement intégrées pour s’adapter à la réalité du terrain. Cette évolution s’accompagne aujourd’hui d’une synergie inédite où les différentes directions locales et les institutions publiques apportent leurs idées et leurs moyens pour compléter les initiatives citoyennes.
Vingt ans après sa création, l’impact du concours dépasse largement le simple cadre du nettoyage pour devenir un véritable moteur de développement sociétal. Il insuffle une vitalité économique, culturelle et patrimoniale qui mobilise toutes les franges de la population, des enfants aux personnes âgées, dans un esprit alliant compétition et plaisir partagé. Son rayonnement est tel qu’il a franchi les frontières de la wilaya pour inspirer d’autres régions et susciter un vif intérêt académique. Le phénomène a d’ailleurs fait l’objet de quatre thèses de doctorat, de six thèses de master et d’une quarantaine de travaux de recherche d’étudiants en architecture à travers plusieurs universités du pays, prouvant que cette initiative locale s’est transformée en un véritable modèle d’écologie citoyenne participative.
R. R.