L’Observatoire international de surveillance des ressources naturelles du Sahara occidental (Western Sahara Resource Watch – WSRW), appelle l’ONU à intégrer pleinement la question des ressources naturelles au processus politique consacré au Sahara occidental. L’ONG préconise notamment la mise en place d’un mécanisme financier permettant de préserver les revenus issus de ces ressources dans l’attente d’un règlement conforme au droit international.
Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies ainsi qu’aux membres du Conseil de sécurité, à l’approche de la publication du prochain rapport du secrétaire général et du renouvellement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), WSRW estime nécessaire de traiter la question de l’exploitation des ressources du territoire dans le cadre du processus politique onusien.
L’ONG propose, à cet effet, que les revenus générés par les activités liées aux ressources naturelles ne continuent pas à être perçus et utilisés comme si le statut du territoire était définitivement réglé. Elle recommande plutôt leur versement dans un mécanisme de dépôt fiduciaire ou un fonds en attente, administré de manière transparente et indépendante. Selon WSRW, un tel dispositif permettrait de préserver la valeur économique des ressources jusqu’à l’aboutissement d’un règlement juridique de la question du Sahara occidental. Il contribuerait également, estime l’organisation, à éviter que la poursuite de l’exploitation des ressources ne rende le statu quo économiquement plus avantageux que la conclusion d’un accord politique.
Un enjeu directement lié à l’autodétermination
Pour l’Observatoire, la question des ressources naturelles ne saurait être considérée comme secondaire ou extérieure au processus de paix.
Elle est, au contraire, directement liée aux conditions dans lesquelles le peuple sahraoui devra pouvoir exercer son droit à l’autodétermination. WSRW appelle ainsi l’ONU à documenter de manière systématique les activités économiques liées aux ressources naturelles du territoire, notamment leur ampleur, leur propriété, leur destination ainsi que leur valeur.
L’organisation demande également à l’ONU de remédier au refus persistant d’accès au Sahara occidental opposé par l’occupant marocain au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme. L’ONG estime que l’absence de mécanisme permettant de préserver les revenus tirés de ces ressources risque de contribuer à une transformation progressive de la réalité économique du territoire.
Une évolution qui, selon elle, pourrait à terme réduire les options disponibles pour la population sahraouie dans le cadre de l’exercice de son droit à l’autodétermination.
WSRW met ainsi en garde contre le risque de voir l’exploitation continue des ressources naturelles créer des réalités économiques et matérielles difficiles à inverser. Pour l’Observatoire, l’ONU doit veiller à ce que les transformations économiques opérées au Sahara occidental ne compromettent pas les conditions d’un futur règlement politique et juridique.
À travers sa démarche, l’organisation appelle donc les Nations unies à agir davantage sur la question du pillage des ressources naturelles du territoire, estimant que leur exploitation constitue désormais un enjeu à part entière du dossier du Sahara occidental et pourrait, en l’absence de mesures de sauvegarde, devenir un obstacle supplémentaire à l’exercice du droit à l’autodétermination.
M. S.








