Le tribunal de Boufarik a condamné, hier, le dénommé Anouar Sayoud à deux ans de prison, dont un an avec sursis, assortis d’une amende ferme de 200.000 DA, et à verser un dinar symbolique à l’Organe national de protection et de promotion de l’enfance (ONPPE). Il faut rappeler que le procureur de la République a souligné dans son réquisitoire, que « l’enfant est une ligne rouge » et que les atteintes commises contre les enfants ne sauraient faire l’objet de tolérance. Il a insisté sur le caractère collectif de la responsabilité en matière de protection de l’enfance et requis trois ans de prison ferme ainsi qu’une amende de 300.000 DA. Le prévenu était poursuivi selon la procédure de comparution immédiate pour discrimination et atteinte à la vie privée d’un enfant à travers des publications susceptibles de lui porter préjudice, conformément aux dispositions de la législation relative à la prévention et à la lutte contre la discrimination et le discours de haine, ainsi qu’à la protection de l’enfance. L’affaire avait éclaté après la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux, dans laquelle figuraient des propos qualifiés d’extrêmes et contraires aux bonnes mœurs, ainsi qu’un discours à caractère discriminatoire visant des enfants en raison de leur tenue vestimentaire. Lors de son procès, Anouar Sayoud a reconnu être l’auteur de la vidéo, affirmant toutefois que son intention était de sensibiliser les parents et de donner des conseils, sans chercher à porter préjudice à l’enfant concerné. Il a expliqué que les propos utilisés résultaient d’un mauvais choix de termes et a présenté ses excuses. Le prévenu a également indiqué avoir supprimé la vidéo après avoir fait l’objet de nombreuses critiques, avant de publier une seconde vidéo dans laquelle il reconnaissait son erreur et exprimait ses regrets.
La protection de l’enfant au cœur des débats
De son côté, la défense L’organe nationale de protection et de promotion de l’enfance constitué partie civile, a insisté sur la nécessité de maintenir l’affaire dans son cadre strictement juridique, à savoir celui de la protection de l’enfant. La partie civile a notamment rappelé que l’Algérie a ratifié les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant et que l’Organe dispose, dans le cadre de ses missions, de mécanismes de veille et de suivi permettant d’intervenir lorsque l’enfant se trouve en situation de danger. La défense a ainsi estimé que l’affaire ne devait être liée à aucune considération religieuse, mais devait être examinée exclusivement sous l’angle de la protection des droits et de l’intégrité de l’enfant.
Sarah. O














































