Accueil ACTUALITÉ PRES DE 600 KG DE CANNABIS PASSENT PAR BAB SEBTA (CEUTA) :...

PRES DE 600 KG DE CANNABIS PASSENT PAR BAB SEBTA (CEUTA) : Des agents publics marocains au cœur de l’affaire  

0

Une affaire de trafic international de stupéfiants impliquant le passage d’une importante cargaison de cannabis par le poste-frontière de Bab Sebta remet en lumière les soupçons de collusion entre des réseaux criminels et certains agents des services marocains chargés précisément de contrôler les frontières et de lutter contre le trafic de drogue.  

Selon des informations rapportées par plusieurs médias marocains et espagnols, 16 personnes sont concernées par cette affaire, parmi lesquelles des responsables et des agents relevant des services de sécurité et des douanes. Ils sont notamment poursuivis pour des faits liés à l’abus d’influence, à l’entente en vue de commettre des actes contraires à la loi, ainsi que pour des infractions prévues par la législation sur les stupéfiants et les douanes.   Au cœur du dossier se trouve une importante quantité de cannabis, estimée à près de 600 kilogrammes, qui aurait réussi à franchir le poste-frontière marocain de Bab Sebta en direction de Ceuta, ville autonome espagnole. Le quotidien espagnol El Faro de Ceuta a rapporté que le véhicule transportant la cargaison avait franchi le côté marocain grâce à la complicité présumée de responsables. La drogue aurait ensuite été découverte par les autorités espagnoles lors de la vérification des documents du véhicule. Si ces éléments sont confirmés par la procédure judiciaire, l’affaire dépasserait largement le cadre d’un trafic organisé par des individus agissant en dehors des institutions. Elle mettrait directement en cause des personnes appartenant aux dispositifs chargés d’empêcher ce type d’opérations.

Quand les réseaux criminels atteignent les dispositifs de contrôle

La présence présumée de responsables et d’agents de la sécurité et des douanes dans un dossier portant sur le passage d’une telle quantité de drogue constitue l’un des aspects les plus préoccupants de cette affaire. Car une cargaison de cette importance ne relève pas d’une opération improvisée. Son acheminement nécessite une organisation, des moyens logistiques, des itinéraires sécurisés et, surtout, la capacité à franchir différents niveaux de contrôle. Lorsque des complicités internes sont établies, les réseaux criminels disposent alors d’un avantage considérable pour contourner les dispositifs de surveillance et faciliter l’acheminement de leurs cargaisons vers le marché européen.  Cette affaire intervient également dans un contexte où le Maroc cherche à se présenter auprès de ses partenaires européens comme un acteur central de la lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité transfrontalière. Les dossiers judiciaires impliquant, à différents degrés, des fonctionnaires ou des agents des services de sécurité et des douanes soulèvent toutefois des interrogations sur l’efficacité réelle des mécanismes de contrôle et sur la capacité des réseaux criminels à pénétrer certains rouages institutionnels.

Un nouvel épisode dans une série d’affaires

L’affaire de Bab Sebta n’est par ailleurs pas isolée. Ces dernières années, plusieurs dossiers ont alimenté les interrogations autour des rapports entre le trafic de drogue, les réseaux d’influence et certains responsables au Maroc. L’affaire dite de « l’Escobar du Sahara » avait notamment éclaboussé des personnalités politiques et des hommes d’affaires dans un dossier mêlant trafic international de stupéfiants et corruption. La découverte d’un tunnel de trafic de drogue reliant le Maroc à Ceuta avait également mis en évidence l’existence de réseaux transfrontaliers disposant de moyens sophistiqués pour acheminer des stupéfiants vers le territoire européen. À cela s’ajoutent plusieurs affaires dans lesquelles des fonctionnaires ou des agents des services de sécurité et des douanes ont été poursuivis ou cités dans des dossiers liés au trafic de stupéfiants. Ainsi, l’affaire des près de 600 kg de cannabis ne se résume pas à une nouvelle saisie de drogue. Elle pose une question autrement plus sensible : celle de la capacité des réseaux de criminalité organisée à trouver des relais au sein même des structures censées les combattre et à exploiter les failles des dispositifs de contrôle aux frontières.

A.N

Article précédentTERRITOIRES PALESTINIENS OCCUPES : La répression sioniste s’intensifie 
Article suivantFORAGE DU PUITS D’EXPLORATION « KAFRA SUD-EST 1 » : L’ENAFOR à pied d’œuvre à Agadez