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Parti sur la pointe des pieds 

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Il est mort, le héros ! Il est mort l’homme qui a répondu plusieurs fois à l’appel de la Patrie. Il est mort, le Chef de l’État qui a décidé et organisé les premières élections présidentielles anticipées. Dans la mémoire collective, Liamine Zeroual restera le moudjahid qui dès l’âge de 16 ans a rejoint l’ALN pour libérer l’Algérie occupée. Il restera aussi dans la mémoire de tous les Algériens, celui qui accepta de rejoindre le Haut comité d’État (HCE), pour sauver une nouvelle fois l’Algérie du terrorisme abject qui semait la mort, l’a faisait saigner et pleurer dans l’indifférence totale du reste du monde qui ne découvrira la bête immonde que bien plus tard. Il est mort, le président de la République qui était rassembleur. Celui qui est allé rendre visite en prison à des algériens, dont l’un était moudjahid comme lui, qui s’étaient trompés de moyens pour imposer leur point de vue et se sont retrouvés prisonniers. Ils étaient en prison pour avoir été dépassés par les évènements qu’ils ne maitrisaient plus à cause d’une mauvaise analyse de la situation. Il est mort celui qui a réussi à obtenir pour son élection à la magistrature suprême, un record historique de participation des électeurs. Il était la voix de la bravoure, de la sagesse et de l’humilité. Après son retrait de la vie politique, il s’en est retourné vivre dans sa ville natale au milieu des siens et de ses amis d’enfance. Nullement grisé par le pouvoir. D’ailleurs, il avait écourté le sien. La nouvelle de son décès est tombée au milieu de la nuit de samedi à dimanche. Un peu comme s’il était parti sans faire de bruit, sur la pointe des pieds au moment où tout le monde dormait. Il restera l’homme aux principes enracinés, qui ne se laisse pas dicter sa conduite. Il restera aussi cet homme de grande valeur qu’on vient consulter pour prendre conseils. Pour ne pas être long à énumérer ses qualités, il faudrait chercher les défauts pour espérer faire court. Sauf que s’ils existent, rares sont ceux qui les connaissent. C’est un moudjahid, c’est un président de la République, que les Algériens gardent en grande estime. Parce qu’il les a dirigés affectueusement, honnêtement. Parce qu’il a participé activement à les libérer et les a, par la suite, protégés. Non ce n’est pas une oraison funèbre de circonstance. L’histoire témoigne de la vérité de ce qui est rapporté ici. Il aura passé toute son existence, à partir de l’âge de 16 ans, au service de l’Algérie et de ses compatriotes. Encore une dernière particularité. Alors qu’il fut un moment où ils étaient quatre anciens présidents en vie, Ahmed Ben-Bella, Chadli Bendjedid, Ali Kafi, il ne restait que lui, Liamine Zeroual, encore de ce monde. Il est le dernier ancien président de la République à « fermer la marche ». Qu’il nous soit permis de présenter à toute sa famille nos sincères condoléances. En leur rappelant que pour apaiser leur douleur, la fierté d’avoir eu Si Liamine, pour époux, père, grand-père, oncle, devrait suffire amplement. À Dieu nous appartenons, à Lui nous retournons !

Zouhir Mebarki    

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