L’armée sioniste a poursuivi, hier, ses bombardements sur plusieurs régions du Liban, provoquant d’importantes destructions de bâtiments et d’infrastructures. Les affrontements entre les forces sionistes et la résistance libanaise se poursuivent dans le sud du pays, tandis que Tel-Aviv élargit ses opérations terrestres et aériennes, entraînant le déplacement d’environ un million de personnes.
Dans ce contexte d’escalade, l’armée sionistes a également menacé de cibler le pont de Qasmiyeh, situé sur l’autoroute côtière menant à la ville de Tyr. Plusieurs localités ont été visées par des frappes aériennes et des tirs d’artillerie, notamment Jdeïdet Marjayoun, Khiam, Ibl al-Saqi, Borj al-Moulouk, Bint Jbeïl, Qlayâa et Marjayoun au sud du Liban, ainsi que la ville de Machghara dans la Bekaâ. Sur le plan diplomatique, des efforts français sont en cours pour parvenir à un cessez-le-feu et éviter une offensive terrestre de grande ampleur.
Un Aïd sous les bombes
Cette année, l’Aïd El-Fitr est célébré dans une atmosphère lourde de tristesse. Les bombardements et les déplacements massifs ont profondément affecté la population, contraignant de nombreux habitants à trouver refuge dans des centres d’accueil ou à vivre dans des conditions précaires, aggravées par des conditions météorologiques difficiles et des menaces d’évacuation continues. Selon l’unité de gestion des catastrophes relevant de la présidence du Conseil des ministres libanais, le bilan des violences s’élève à 1 024 morts et 2 740 blessés depuis le 2 mars. À Baâlbek, grande ville historique de la vallée de la Bekaâ, le contraste avec les années précédentes est saisissant. Les marchés, habituellement animés à l’approche de l’Aïd, sont aujourd’hui presque déserts. Issam Hassan Bayan, pâtissier depuis plus de six décennies, témoigne de l’attachement aux traditions malgré la guerre. « Depuis 66 ans, nous préparons les douceurs de l’Aïd. Les gâteaux ne sont pas seulement une tradition, ils incarnent notre identité », explique-t-il. Toutefois, il constate une chute drastique des ventes, divisées par deux par rapport aux années précédentes. D’autres commerçants partagent ce constat. Hassan Tofaïli évoque une activité fortement réduite, en raison du déplacement massif des habitants et de la crise économique. « Une grande partie de la population a fui, et ceux qui restent font face à de graves difficultés financières », souligne-t-il. Malgré les frappes répétées, certains refusent de céder. « Nous continuons à ouvrir nos commerces, malgré tout », affirme Zakaria, vendeur de confiseries. Même détermination chez Husseïn Othman, boulanger, dont le magasin fait face à un immeuble entièrement détruit. « Nous ne quitterons pas notre terre, quoi qu’il arrive », insiste-t-il.
Une ville marquée par la guerre
Dans les rues de Baâlbek, les signes de la guerre sont omniprésents : commerces fermés prématurément, absence d’animations festives, parcs silencieux et cafés désertés.
Les rares clients négocient longuement les prix, reflet d’une crise économique aggravée par le conflit. Ville millénaire au riche héritage historique, Baâlbek, l’une des plus anciennes cités habitées au monde, subit de plein fouet les conséquences de cette guerre.
Depuis le début des hostilités début mars, la région a été la cible de frappes répétées ayant causé de nombreuses victimes civiles et d’importants dégâts matériels. Alors que les célébrations de l’Aïd ont perdu leur éclat habituel, la population continue de faire preuve d’une résilience remarquable. Malgré la peur, les pertes et les destructions, les habitants restent attachés à leur terre et à leurs traditions. Dans un contexte de guerre et d’incertitude, cet attachement constitue un symbole d’espoir et de résistance face à l’adversité.
M. S.












































