Le football aura parfois cette capacité rare : dépasser la pelouse pour toucher au récit des peuples. Vendredi après-midi, le Stade NelsonMandela de Baraki a accueilli un match de gala entre la sélection du Sahara occidental et d’anciens internationaux algériens. Une rencontre organisée à l’occasion de la création officielle de la Fédération de football de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), inscrite dans une continuité politique, humaine et symbolique. Dès l’annonce de l’événement, les organisateurs ont insisté sur sa portée. Il ne s’agissait pas d’une simple exhibition sportive. La rencontre devait accompagner une étape institutionnelle : la naissance d’une structure fédérale appelée à encadrer la pratique du football sahraoui et à offrir une représentation sportive internationale. L’initiative a également été présentée comme fidèle à l’engagement constant de l’Algérie en faveur du droit des peuples à l’autodétermination. La veille du rendez-vous, le sélectionneur sahraoui, Mohamed Salem Kentaoui, avait clairement fixé le cadre. Son équipe, avait-il affirmé, était prête à animer un match aux «dimensions sportives et humanitaires ». Pour lui, la pelouse constitue un espace d’expression pacifique permettant de mettre en avant l’attachement du peuple sahraoui à son identité et à son droit à l’autodétermination. L’effectif aligné reflétait cette volonté d’ouverture. Plusieurs joueurs évoluent en Mauritanie, en France, en Italie et en Espagne. Cette dispersion géographique a été présentée comme l’image d’une diaspora mobilisée autour d’un projet commun. Kentaoui avait souligné que le football restait « un moyen civilisé de faire entendre la voix des peuples opprimés » et d’assurer une présence sur la scène internationale. ENTRE SPORT ET DIPLOMATIE Présent lors de la conférence de presse, l’ambassadeur sahraoui en Algérie, Khatri Adouh Khatri, a replacé l’événement dans une perspective historique. Il a rappelé que l’État sahraoui célébrera le 27 février prochain le cinquantième anniversaire de sa fondation. La création officielle de la fédération de football a ainsi été présentée comme une nouvelle étape dans la structuration institutionnelle de la RASD. Le diplomate a également adressé ses remerciements à l’Algérie ainsi qu’aux institutions sportives ayant contribué à l’organisation de ce match. Pour lui, cette initiative illustre la solidarité entre les peuples algérien et sahraoui et démontre que le sport peut constituer un vecteur d’expression politique pacifique. Du côté algérien, l’entraîneur des anciens internationaux algériens, Younès Ifticen, a insisté sur la dimension humaine du rendezvous. Il a estimé que la rencontre permettait de renforcer les liens entre les joueurs et de promouvoir les valeurs de fraternité. L’objectif n’était pas la compétition mais le message transmis. Dans les tribunes, l’ambiance aura oscillé entre convivialité sportive et symbolique militante. Le ballon rond a servi de langage commun. Les gestes techniques ont côtoyé les drapeaux et les chants. L’événement aura pris la forme d’une célébration autant que d’une affirmation identitaire. Au-delà du résultat, cette journée aura marqué une étape dans la visibilité sportive sahraouie. Le football n’aura pas seulement occupé le centre du terrain ; il aura aussi occupé le terrain du symbole. À Baraki, pendant quatre-vingt-dix minutes, le sport aura rappelé qu’il peut être à la fois spectacle, mémoire et message. Mohamed Amine Toumiat












































