Il y a des matches qui dépassent le simple cadre sportif. Aujourd’hui, à Pretoria, le MC Alger joue bien plus qu’une qualification. Face aux Mamelodi Sundowns, le doyen du football algérien dispute un rendez-vous à haute tension où se mêlent calculs, retrouvailles et guerre psychologique. Un nul suffit aux Algérois. Mais dans ce contexte, rien n’est simple.
Le décor est clair. Après cinq journées dans le groupe C de la Ligue des champions de la CAF 2025-2026, le MCA occupe la deuxième place avec 7 points (deux victoires, un nul, deux défaites). Les Sundowns suivent à une longueur. Le vainqueur de ce duel compostera son billet pour les quarts de finale. En cas de nul, le Mouloudia passera. En cas de défaite, il sera éliminé. L’équation est brutale. Vendredi dernier, les hommes de Rhulani Mokwena ont frappé fort en battant Al-Hilal Omdurman (2-1), leader du groupe. Un succès précieux qui a relancé toutes les cartes. Dans l’autre rencontre, Al-Hilal affrontera Saint-Éloi Lupopo. En cas de victoire à Pretoria et de faux pas des Soudanais, le MCA pourrait même terminer premier. Mais le scénario inverse reste possible. La marge d’erreur est inexistante.
Pression maximale côté sud-africain
À lire la presse sud-africaine, la pression a changé de camp. En l’espace de 24 heures, le ton s’est durci. Les Sundowns, longtemps sûrs de leur force, jouent désormais leur survie continentale. Une seule victoire en cinq matches. Des doutes. Une affaire d’espionnage interne liée à une fuite présumée d’informations tactiques. Le climat est lourd. Les médias locaux évoquent un club fragilisé mentalement. Le nom de Mokwena revient sans cesse. Ancien patron des Sundowns, il connaît chaque rouage de la maison jaune. Son retour à Pretoria prend des allures de duel psychologique. D’un côté, un entraîneur qui doit gagner pour survivre. De l’autre, un technicien qui peut se contenter d’un nul et qui maîtrise parfaitement l’environnement. Dans ce contexte, Mokwena a opté pour la discrétion. Changement de terrain d’entraînement à la dernière minute. Séances verrouillées. Communication minimale. Une stratégie assumée. « La guerre est fondée sur la tromperie », écrivait Sun Tzu. Le coach sud-africain semble appliquer ce principe à la lettre. Il brouille les pistes. Il entretient le doute.
Un retour chargé d’émotion
À son arrivée à Johannesburg, Mokwena a affiché un large sourire. Famille présente. Accolades. Souvenirs. Mais derrière l’image chaleureuse se cache une réalité froide. Il est en mission. C’est ici, à Chloorkop, que sa carrière a décollé sous l’aile de Pitso Mosimane. L’ancien mentor l’avait propulsé des U19 vers l’équipe première. « Avec le temps, Rhulani sera meilleur que moi », avait-il prophétisé. Aujourd’hui, l’élève défie son ancien club. Le contexte est cruel. Le vainqueur avance. Le perdant sort. Mokwena connaît la culture des Sundowns. Il sait comment le club réagit sous pression. Mais eux pensent aussi le connaître. Cette symétrie rend le duel fascinant. Pour le MC Alger, l’enjeu est immense. Malgré son histoire prestigieuse, le club n’a remporté qu’un seul titre continental : la Ligue des champions 1976 face au Hafia Conakry. Depuis, le géant algérois court après un nouveau sacre. Une qualification en quarts relancerait l’espoir et renforcerait la crédibilité du projet actuel. Le calcul est simple. Défendre avec rigueur. Gérer les temps faibles. Exploiter l’impatience adverse. Les Sundowns devront attaquer. Le MCA pourra attendre. Dans un match où chaque détail comptera, la maîtrise émotionnelle fera la différence. Cette Après-midi, à Pretoria, il ne sera plus question de nostalgie ni de souvenirs. Il sera question de sang-froid et de lucidité. Le Mouloudia peut-il écrire une nouvelle page de son histoire sur la terre de son entraîneur ? Réponse au coup de sifflet final.
Mohamed Amine Toumiat
Accueil SPORTS Ligue des champions/Mamelodi Sundwons – MC Alger, aujourd’hui à 14h00 : Mission qualification...













































