Au stade Hocine-Aït Ahmed, la JS Kabylie espérait renverser la hiérarchie et prolonger son aventure continentale. Mais face à l’ogre égyptien Al Ahly, les Canaris ont une nouvelle fois buté sur leur principal talon d’Achille : le manque de réalisme. Malgré une prestation courageuse et souvent séduisante, le nul vierge (0-0) concédé samedi soir scelle une élimination prématurée, laissant place aux regrets et aux questions.
La JS Kabylie savait qu’elle jouait sa survie dans ce duel face au leader du groupe B. Dernière avec seulement deux points au coup d’envoi, elle n’avait plus le droit à l’erreur. Une victoire était impérative pour continuer à croire à une qualification en quarts de finale. Poussés par un public des grands soirs, les hommes de Josef Zinnbauer ont attaqué la rencontre avec intensité, affichant d’emblée des intentions offensives claires. Les premières minutes ont donné le ton d’un match engagé, rythmé et dominé par des Kabyles déterminés à renverser la tendance.
Très vite, les occasions se sont multipliées. À la 10e minute, Hamidi centre avec précision pour Messaoudi, dont la tête frôle le montant. Six minutes plus tard, Aymen Mahious se retrouve seul face au but après une action collective bien construite, mais l’attaquant manque l’immanquable. Le public n’a pas encore le temps de se remettre de cette occasion ratée que la JSK enchaîne. À la 20e minute, Mahious voit sa frappe puissante s’écraser sur le poteau, tandis que, deux minutes plus tard, sa reprise s’envole au-dessus de la transversale. La domination est nette, mais le tableau d’affichage reste désespérément vierge. Ce manque de réalisme, véritable fil rouge de la campagne africaine des Jaune et Vert, finit par peser lourd. Malgré une pression constante, une activité intense sur les ailes et une animation offensive intéressante, la JSK ne parvient pas à concrétiser. À la 35e minute, Boudebouz dépose un coup franc millimétré sur la tête de Mahious, mais le ballon passe une nouvelle fois à quelques centimètres du cadre. Autant d’occasions manquées qui laissent entrevoir ce qui aurait pu être une soirée historique, mais qui se transforment progressivement en un cruel scénario de désillusion.
Des regrets éternels
En face, Al Ahly a joué avec l’assurance et l’expérience d’un habitué des grands rendez-vous. Solides défensivement, disciplinés tactiquement, les Égyptiens ont su contenir les assauts kabyles sans pour autant renoncer totalement à attaquer. La défense de la JSK, bien en place autour de Belaid, a toutefois su repousser les quelques tentatives adverses, permettant à son équipe de rester dans le match jusqu’au bout. À la pause, le score de 0-0 reflète mal la physionomie d’une première période largement dominée par les locaux. Au retour des vestiaires, la JSK poursuit sur le même rythme, mais l’intensité baisse progressivement. La fatigue et la pression de l’enjeu se font sentir. Al Ahly, fort de son vécu continental, gère mieux les temps faibles et confisque davantage le ballon, réduisant les espaces. Les Kabyles continuent de pousser, à l’image de Messaoudi ou Hamidi, mais la lucidité fait défaut dans le dernier geste. À la 81e minute, Bott croit libérer le stade sur une tête puissante, mais le gardien égyptien réalise une parade décisive, symbolisant la réussite qui a tant manqué à la JSK.
Ce match nul, en soi honorable face à un cador africain, a pourtant un goût amer. Dans l’autre rencontre du groupe, l’AS FAR s’est imposée face aux Young Africans (1-0), s’assurant ainsi la deuxième place qualificative avec huit points. Avec seulement trois unités en cinq journées, la JSK est mathématiquement éliminée avant même la dernière journée. Une sortie prématurée qui contraste avec les ambitions affichées en début de saison et qui interroge sur la capacité du club à franchir un palier sur la scène continentale. Au-delà du résultat, cette élimination met en lumière les limites offensives de l’équipe. La JSK a souvent bien joué, parfois dominé, mais rarement su tuer ses matches. Le constat est sévère : aucune victoire en phase de poules et trop d’occasions manquées pour espérer mieux. Il faudra désormais tirer les enseignements de cet échec afin de mieux préparer les prochaines échéances, aussi bien sur le plan tactique que mental.
Reste à savoir si cette désillusion servira de leçon fondatrice pour reconstruire une JS Kabylie plus conquérante et plus réaliste à l’avenir.
Mohamed Amine Toumiat















































