Accueil Edito Bonjour les dégâts

Bonjour les dégâts

0

Qui sème le vent, récolte la tempête ! Le Maroc, qui a accueilli la 35e coupe d’Afrique des nations, apprend le sens de ce proverbe à ses dépens. Les observateurs et les spécialistes du football partagent le même avis : c’est la plus contestée et la plus controversée compétition footballistique jamais organisée. Le qualificatif n’est pas exagéré. Les scandales d’arbitrage en série qui ont émaillé toutes les rencontres opposant le Maroc à ses adversaires sont vérifiés et documentés. Ce sont donc des faits incontestables. Le monde entier en général et la planète footballistique en particulier en sont témoins. Et scandales en cascade riment forcément avec corruption. Les images en direct transmises par les chaînes de télévision et celles répondues sur les réseaux sociaux sont éloquentes à ce titre. Le recours à la provocation, à la triche et à la corruption, comme moyens utilisés par le Maroc pour se faire accrocher la deuxième étoile tant rêvée depuis un demi-siècle, a été systématique. Pire, lorsque ces moyens illégaux dépassent une simple transgression des règles du jeu concernant une compétition où les valeurs du fair-play et de la morale sportifs doivent prévaloir. L’édition marocaine de la CAN est entachée par le scandale de la mort- survenue dans des circonstances troubles et obscures – d’un journaliste malien et d’un employé d’un prestataire de la téléphonie mobile camerounais. Comme tous les scandales déjà en chaîne n’ont pas été de trop pour un régime marocain qui a misé sur le titre africain pour faire taire et étouffer la colère populaire de plus en plus grandissante et menaçante pour la survie du trône. Et si, justement, et au final, tout ce grabuge autour de la CAN au Maroc n’était qu’un écran de fumée pour cacher la guerre de succession qui fait rage dans le palais royal ? Ni les scandales d’arbitrage sur fond d’une corruption – dont il conviendrait de dévoiler les tenants et les aboutissants- et ni même la mort suspecte d’hommes n’ont réussi à faire taire le conflit larvé opposant les clans de Mohammed VI et de son fils héritier d’un côté, et de son frère candidat à la succession moulay Rachid de l’autre. Non seulement le plan du Makhzen n’a pas fonctionné, mais il a produit l’effet contraire. Ce qui était jadis des rivalités et des luttes d’influence qui se sont déroulées dans les secrets bien gardés du palais, se sont invitées sur le terrain de la CAN. Devant le monde entier où l’on a assisté, par exemple, à la présence et en séquences distinctes, du fils et du frère d’un roi qui n’a donné aucun signe de vie depuis le début de cette CAN jusqu’à sa fin. L’histoire reviendra que même avec des millions de dollars de corruption, le Maroc n’a pas décroché un deuxième sacre africain. Une bien triste fin pour le pays d’accueil de la CAN la plus honteuse de l’histoire. Le Makhzen n’a plus désormais, entre les mains, de quoi faire taire un peuple de plus en plus remonté contre le palais.
Farid Guellil

Article précédentESSENCE À FAIBLE ÉMISSION DE CO2 : Sonatrach passe à la norme E5 à Augusta
Article suivantAPRES UNE COLLISION ENTRE DEUX TRAINS À GRANDE VITESSE : Au moins 39 morts confirmés en Espagne