À l’occasion du soixante-dixième anniversaire de l’accord conclu en 1956 entre les autorités espagnoles de Franco et le royaume du Maroc, le Parti national Rifain (PNR) a rendu public un communiqué dans lequel il rappelle « la portée historique de cet événement pour le peuple rifain ».
Le document indique que le 7 avril 1956 constitue un repère dans l’histoire du peuple rifain qui a vu son sort scellé par deux parties sans une consultation préalable ni consultation populaire. « Cet accord a marqué un tournant décisif dans l’histoire du Rif. Pourtant, il demeure aussi, dans la mémoire collective rifaine, le symbole d’une décision prise sans la consultation libre et explicite du peuple directement concerné. Le devenir politique du Rif a ainsi été arrêté sans référendum, sans expression démocratique de la volonté populaire, et sans que les Rifains puissent faire entendre leur voix sur une question essentielle : celle de leur avenir ». Le parti national Rifain souligne que sept décennies plus tard, cette réalité historique appelle non pas à la rancœur, mais à la lucidité. « Elle invite à regarder le passé avec honnêteté, à reconnaître les insuffisances d’une époque, et à affirmer avec clarté un principe fondamental du droit international contemporain : aucun peuple ne devrait voir son destin politique déterminé sans son consentement ». C’est une façon de rappeler la sacralité du principe de l’autodétermination des peuples en lutte pour disposer de leur sort, un principe inscrit dans la charte de l’Onu et que le Maroc et les anciennes puissances coloniales continuent d’ignorer. Le PNR estime qu’il est nécessaire aujourd’hui d’ouvrir un espace de vérité, de mémoire et de responsabilité autour de cette séquence historique du peuple Rifain. « Il ne s’agit pas de raviver les divisions du passé, mais de contribuer à une lecture plus juste de l’histoire, conforme aux exigences du droit, de la dignité et de la paix. Dans cet esprit, le Parti National Rifain adresse un appel respectueux et solennel au Royaume d’Espagne, démocratique d’aujourd’hui, forte de son engagement en faveur des libertés, des droits fondamentaux et de l’État de droit, de porter un regard courageux sur son héritage historique au Rif. « Les grandes nations se distinguent aussi par leur capacité à reconnaître les zones d’ombre de leur passé et à contribuer, par la parole et par l’action, à l’établissement de la justice historique. Nous appelons l’Espagne à reconnaître que le transfert du Rif au Maroc, en 1956, s’est opéré sans consultation du peuple rifain ; à admettre que cette absence de consentement constitue une question politique et morale qui ne peut être ignorée; et à soutenir, dans un cadre pacifique, démocratique et conforme au droit international, le droit du peuple rifain à l’autodétermination », a indiqué le communiqué daté du 7 avril 2026. « Nous appelons également les autorités espagnoles, ainsi que l’ensemble des acteurs politiques et intellectuels attachés à la justice historique, à contribuer à une réflexion sérieuse sur les voies d’émancipation du peuple rifain, dans le respect de sa volonté, de sa dignité et de ses droits collectifs. Le Parti National Rifain réaffirme que sa démarche s’inscrit dans une vision responsable, pacifique et tournée vers l’avenir. Elle repose sur une conviction simple : la stabilité durable ne peut être fondée que sur la justice, et la justice elle-même ne peut être complète tant qu’un peuple demeure privé du droit de se prononcer librement sur son avenir politique. Le peuple rifain demande à être entendu, à être respecté, à pouvoir exercer un droit reconnu à tous les peuples : celui de choisir librement son destin. En ce jour de mémoire, le Parti National Rifain exprime l’espoir que l’Espagne saura, avec sagesse et courage, prendre la mesure de sa responsabilité historique et contribuer à l’ouverture d’un nouvel horizon fondé sur la vérité, le droit et la liberté », conclut le communiqué. Il y a lieu de rappeler qu’au lendemain de la fin du protectorat français au Maroc, l’Espagne de Franco qui gérait les parties nord du Maroc (le Rif) a conclu, le 7 avril 1956, un accord avec le roi du Maroc sans consulter la population locale fortement hostile au sultan marocain qui avait béni, adoubé et soutenu l’intervention alliée de la France et de l’Espagne pour réprimer l’insurrection de la population du Rif et pousser son leader Abdelkrim El-Khettabi, le 26 mai 1926 à la reddition. Cet accord prévoyait de céder au Maroc les territoires de la région du Rif et la cession du Maroc des régions de Ceuta et Mellila et du littoral d’Al Hoceïma à l’Espagne de Franco. Depuis, le peuple Rifain, tout en dénonçant l’accord du 7 avril 1956, se bat pour faire valoir son droit à l’autodétermination, un droit pris à bras le corps par les nouvelles générations qui ont décidé de perpétuer le combat de Abdelkrim El-Khattabi et de militer jusqu’au recouvrement de l’indépendance de leur pays colonisé par le Maroc depuis la reddition du leader de l’insurrection le 26 mai 1926.
Slimane B.









































