Ce n’est pas par enchantement que la viande arrive dans nos assiettes, c’est à travers tout un processus et selon plusieurs éléments, dont l’alimentation pour l’élevage, selon laquelle les prix du bétail seront fixés. À l’approche de l’Aïd El Kebir, toute spéculation serait préjudiciable pour le quotidien ô combien dispendieux du citoyen algérien.
Naturellement, toute stabilité des prix de ces aliments aura un impact sur le prix des viandes, une baisse des coûts qui profitera en toute logique aux consommateurs algériens, lesquels pourront acheter de la viande à des prix abordables. C’est ce qu’avait expliqué au mois d’avril dernier, le P-DG de l’Office national des aliments du bétail (ONAB), El-Hadj Abdellah, dans une déclaration à l’APS. « La baisse des prix des aliments pour bétail qui a concerné toutes les filières (avicole, ovine et bovine) aura inéluctablement un impact sur le prix des viandes du fait que l’aliment représente en moyenne 70% des charges de production animale », avait assuré le responsable. Dans ce contexte, le gouvernement s’est fixé comme priorité d’assurer la disponibilité permanente de ces matières premières, et par la même occasion assurer la sécurité alimentaire du pays, réduire la facture d’importation, réguler et réajuster le marché national. À cette fin, l’ONAB est dotée de 21 usines publiques de production de l’aliment de bétail, confortées par 22 opérateurs privés qui importent des aliments. Une politique agricole menée par le secteur pour ces produits stratégiques, qui se retrouve néanmoins confrontée à des campagnes de déstabilisation.
Pas de flambée des prix du fourrage
Parmi ces tentatives de déstabilisation du marché des aliments du bétail, les rumeurs sur une flambée des prix du fourrage, qui ont fait réagir le ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Les facteurs de spéculation, qui s’ajoutent à d’autres dépenses telles que le coût du transport des animaux depuis les lieux d’élevage jusqu’aux marchés urbains, la location d’entrepôts, les conditions climatiques difficiles et les charges liées aux salaires des ouvriers, auront de ce fait pour conséquence de faire grimper le prix de la viande. Une situation inquiétante et un certain mécontentement déjà palpable chez les consommateurs, à quelques encablures de l’Aïd Al Adha. Face à cette situation, le département d’Abdelhafid Henni a tenu à démentir, dans un communiqué rendu public samedi, toute flambée des prix de ce produit, assurant que « les prix des aliments de bétail connaissent une grande stabilité ». Sur ce, toute déclaration provenant des intermédiaires et des spéculateurs est infondée », ajoute le communiqué. Une stabilité que l’on doit, d’après le ministère aux «mesures prises par l’État en faveur des éleveurs, à l’image de l’approvisionnement en orge et maïs prévu par le décret exécutif 23-112 du 9 mars 2023 modifiant et complétant le décret exécutif 21-120 du 29 mars 2021 relatif aux modalités d’exemption de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), des opérations de vente d’orge et de maïs, ainsi que des matières et des produits destinés à l’alimentation de bétail et de volaille ». Ajoutant que « les éleveurs, les distributeurs et les coopératives agricoles sont également dispensés de l’obligation de présentation de l’attestation d’exemption », le ministère a également rappelé la mise en place, à travers l’ONAB, de « 88 points de vente sur l’ensemble du territoire au profit des éleveurs à des prix fixes ».
Prix du mouton de l’Aïd, pas moins de 45 000 DA
À l’approche du prochain Aïd, de nombreuses personnes appréhendent déjà les prix des moutons à sacrifier pour cette année. Selon les chiffres qui circulent sur la toile, les prix oscillent entre 40 000 et 60 000 DA, pour de simples moutons à la portée du citoyen moyen, malgré les efforts des autorités pour minimiser l’inflation. En effet, les autorités font de leur mieux pour minimiser l’inflation, mais il semble que cela ne soit pas suffisant pour éviter cette hausse importante des prix des moutons. Toutefois, plusieurs actions ont été entreprises par le gouvernement, à savoir la mise en place de subventions pour soutenir les éleveurs et encourager la production locale, le contrôle des prix sur les marchés pour lutter contre la spéculation, la création de marchés temporaires. Par ailleurs, il est important de souligner que les éleveurs et les commerçants ont également un rôle à jouer pour stabiliser les prix des moutons en cette période pré-Aïd El-Adha. Ils doivent veiller à ne pas profiter de la situation pour augmenter leurs marges et ainsi contribuer à une hausse excessive des prix. À cet égard, une intervention des pouvoirs publics pour contrôler le prix des bêtes est plus que jamais nécessaire.
Hamid Si Ahmed