La vision de l’Algérie en matière de souveraineté culturelle repose sur la préservation de l’identité, de la mémoire et du patrimoine national, tout en privilégiant un dialogue des civilisations.
C’est ce qu’a affirmé la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, lors de sa participation à la 12e édition du Forum international de Saint-Pétersbourg des cultures unies, qui s’est tenue du 24 au 26 septembre 2026 en Fédération de Russie. Intervenant dans le cadre de la session consacrée à « La souveraineté culturelle dans le dialogue civilisationnel entre l’Est et l’Ouest », la ministre a exposé la conception algérienne de la souveraineté culturelle, mettant l’accent sur le rôle du patrimoine dans la préservation de l’identité et de la mémoire nationales. Soulignant que l’Algérie ne préserve pas son patrimoine dans le seul objectif de rester attachée au passé, mais entend s’appuyer sur celui-ci pour construire le présent et préparer l’avenir, dans le cadre d’une conscience affirmée de l’identité nationale. La ministre a relevé que l’identité algérienne s’est construite à travers des apports amazigh, arabe, africain et méditerranéen, considérant cette diversité historique et culturelle comme l’un des éléments constitutifs de l’unité nationale. Elle a également mis en avant la profondeur historique et civilisationnelle de l’Algérie, ainsi que la richesse de ses sites et témoignages archéologiques et artistiques, sans oublier la diversité de son patrimoine matériel et immatériel. Pour la ministre, la protection du patrimoine ne saurait se limiter à la conservation des biens hérités du passé. Elle englobe également la préservation de la mémoire collective et des valeurs qui ont contribué à façonner la personnalité culturelle du pays.
Malika Bendouda a par ailleurs évoqué l’ouverture africaine et méditerranéenne de la culture algérienne, rappelant notamment le rôle historique joué par les manuscrits et les confréries soufies dans la construction de passerelles d’échanges culturels et intellectuels avec le continent africain. Elle a cité, dans ce contexte, plusieurs initiatives portées par le ministère de la Culture et des Arts, notamment les Rencontres africaines et méditerranéennes de la pensée ainsi que le colloque international consacré au manuscrit autour du thème « Les chemins de l’encre en Algérie ». Abordant directement la question de la souveraineté culturelle, la ministre a affirmé que la préservation de la mémoire, du patrimoine et des spécificités culturelles constitue un droit souverain des États. Elle a également rappelé la présence de plusieurs éléments du patrimoine algérien sur les listes du patrimoine mondial et du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, témoignant de la richesse et de la diversité du patrimoine national. Dans le même temps, elle a insisté sur le fait que l’ouverture à l’autre et le dialogue entre les civilisations ne signifient pas l’abandon des spécificités culturelles. Elle a ainsi appelé à promouvoir un dialogue fondé sur le respect mutuel, reconnaissant aux peuples le droit de préserver leurs identités et leurs mémoires culturelles. Placée sous le thème « Cultures unies… valeurs communes », cette 12e édition a réuni des ministres de la Culture, des responsables, des experts et des acteurs du secteur culturel issus de plusieurs pays.
S. O.

