Djilali

SOUFIANE DJILALI RÉAGIT : « Le corps électoral pourrait être convoqué avant le 31 décembre »

S’exprimant hier sur les ondes de la Radio nationale chaîne 3, le président de Jil Jadid, Soufiane Djilali : a qualifié le message du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, adressé au peuple algérien, d’un grand soulagement pour l’homme qu’il est. Mais aussi, poursuit-il, pour l’écrasante majorité des Algériens y compris pour ceux qui ne s’inscrivent pas forcément dans la démarche présidentielle. D’abord, a-t-il expliqué, parce que il vient de sortir d’une lourde épreuve suite à sa contamination au coronavirus, mais du fait aussi que la situation politique actuelle fait que tout le monde souhaite la présence du Président qui a engagé une feuille de route extrêmement importante pour l’avenir du pays.
« Il y a eu un référendum sur la Constitution, mais tout a été suspendu, alors qu’on devait aller vers le renouvellement des Assemblées du pays pour édifier une Algérie nouvelle qui coupe les ponts avec l’ancien régime et maintenant avec le message du président Tebboune tout le monde est soulagé du fait de pouvoir reprendre le processus engagé », a déclaré à ce sujet ce leader politique controversé. Actuellement, ajoute-t-il, « nous sommes dans le même agenda comme confirmé par le chef de l’État dans son message car le chamboulement des agendas est toujours déstabilisant pour un État, d’autant plus que la situation internationale est extrêmement compliquée pour nous ».
Maintenant, s’interroge-t-il encore, il est à se demander est ce qu’on est en mesure de créer un régime politique fondé sur un État de droit, sur la démocratie, de la liberté avec des règles du jeu bien définies ou on va faire faire à un renouvellement d’un système.
Pour éviter de sombrer dans la deuxième hypothèse, l’intervenant assure que les énergies nouvelles doivent s’impliquer et s’engager que ce soit au sein des partis politiques déjà existants ou dans de nouvelles formations politiques, car, ajoute –t-il, ce qui compte au final c’est de sortir de la simple critique pour s’ériger en véritables acteurs politiques, et de ce fait la reprise des réformes engagées comme annoncée par le chef de l’Etat est une nécessité. Sur une question de savoir si le pays tient toujours à son agenda notamment la dissolution des Assemblées avant la fin de l’année, Sofiane Djilali a affirmé qu’en arrivant à la tête de l’État, le président de la République avait promis un référendum de la Constitution puis des élections avant la fin de l’année, mais la pandémie ainsi le malheureux épisode de sa maladie ont chamboulé le calendrier.

Des législatives anticipées ?
Reste, enchaîne-t-il, que la dissolution de l’Assemblée et la convocation du corps électoral avant le 31 décembre est un très bon signe pour une nouvelle Algérie car cela confirme que le train des réformes est sur les mêmes rails et qu’il s’agit d’un changement profond dans les institutions et un départ pour la construction d’un État qui répond aux normes d’aujourd’hui et ce à travers des élections transparentes libres ou il faut laisser s’exprimer une représentativité absolument nécessaire pour que les Algériens renouent un minimum de confiance avec l’État qui est le leur.
Évoquant les réformes amorcées dans le cadre de la nouvelle Algérie fondées sur le respect du droit et des libertés publiques, l’invité de la chaîne 3, a rappelé la nécessité de renforcer la conviction des algériens que l’État est en mesure de faire face aux complots qui se trament contre l’intégrité de son territoire.
Et comment procéder ? Un véritable dialogue permanent entre l’ensemble des acteurs politiques à l’intérieur des institutions renouvelées et surtout asseoir un début de démocratie permettant aux Algériens de se sentir sérieusement représentés aux sein même de ces Assemblées constituent la clé de voute pour la réussite de challenge .
« Il faut que l’État soit fort non pas par une force brutale mais par le biais d’un appui fondamentalement populaire pour les choix à venir », a souligné le chef de file de ce parti de mouvance démocratique.

Consolider le front interne via un dialogue inclusif
Face aux menaces internationales et régionales qui pèsent sur le pays, M. Soufiane Djilali appelle à un consensus national pour constituer un rempart contre toute forme d’intimidation.
Plus explicite, l’hôte de la Radio nationale, estime que la solution pour contrer tous ces bouleversements qui agitent nos frontières et se consolider sur le plan interne, réside dans un vrai dialogue entre Algériens, la mise en place de réelles règles démocratiques et surtout de laisser les gens s’exprimer librement sur le plan politique.
Il faut donc, souhaite la même source, que les autorités du pays écoutent le peuple à travers ses revendications et ses représentants réellement désignés par la population pour aller ensuite vers un gouvernement de compétence politique et non seulement de technocrates avec surtout moins de bureaucrates.
« L’un des points faibles du gouvernement actuel est qu’il n’est pas trop porté sur la communication car le dialogue c’est tout simplement de se faire écouter en allant à la rencontre des personnalités politiques, des partis politiques, ou des syndicats, et pas seulement avec des cérémonieux classiques et c’est par cet échange qu’on peut aller vers de nouvelles élections», a relevé l’intervenant.
« Aujourd’hui des acteurs politiques qui étaient jadis réfractaires à l’idée du dialogue commencent à changer de position et s’inscrivent désormais dans cette logique car nous avons remarqué que beaucoup de partis politiques revendiquent à présent cette idée de dialogue inclusif ce qui constitue une bonne chose car il faut que tout le monde s’assoie sur la même table pour des échanges en dépit de nos différences », a souhaité l’intervenant.
Pour rappel, après une absence de plus d’un mois, le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, s’est adressé, dimanche, au peuple algérien à partir de son lieu de convalescence en Allemagne pour le rassurer sur son état de santé et surtout pour mettre fin par la même à toutes ces folles rumeurs qui circulent à son sujet depuis son hospitalisation dans ce pays le 28 octobre dernier après avoir contracté le coronavirus. Le chef de l’État a surtout réaffirmé dans son message la poursuite de son chantier aux fins d’édifier une nouvelle Algérie basée sur une réelle démocratie et un vrai État de droit.
Brahim Oubellil