Libye

RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR LA LIBYE : Constat d’ «impasse » politique et appel au retrait des soldats et mercenaires étrangers

L’envoyé de l’institution onusienne pour la Libye, Jan Kubis, a exprimé, devant le Conseil de sécurité, en conclave jeudi, sa «  profonde préoccupation » face aux problèmes et les conditions non encore réunies, pour la tenue des élections générales, prévues pour le 24 décembre prochain. Il a précisé, que les préoccupations en question ont trait à la situation politique, sécuritaire et aussi budgétaire demeurant non encore résolue. C’est lors de la réunion du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU) sur la situation en Libye et les activités de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL), qui s’est tenue, au niveau ministériel, jeudi dernier, sous la présidence du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, que le responsbale onusien Jan Kubis, a qualifié la situation actuelle en Libye « d’impasse ». Alors que les conditions sont loin d’être réunies pour la tenue des élections générales en Libye, selon le calendrier fixé, par le dilaogue politique inter- libyen, supervisé par l’ONU, la question du retrait des soldats et des mercenaires étrangers du sol libyen, n’a pas connu la prise de décisions ou de mesures, mais les mêmes appels des membres du CS à l’impératif retrait de ces étrangers armés de Libye. Une présence qui inquiète non seulement les Libyens qui, depuis octobre dernier, ne perdent pas de vue que le cessez-le-feu décrété, en cette date , demeure à ce jour fragile en plus des pays voisins, notamment, craignant que la Libye sombre dans un chaos irréversible, sur fond du rôle que devront jouer ces mercenaires, estimés, à 20 000 par l’ONU, sur fond des conflits d’intérêts entre des puissances étrangères et des divergences entre membres de l’Otan. À la veille de la réunion du Conseil de sécurité, le chef de la diplomatie italienne, Luigi Di Maio a annoncé, devant le parlement italien, qu’il se rendra dans les prochaines semaines en Libye. Présidant la réunion du Conseil de sécurité, au niveau ministériel, La France, via son ministre des affaires étrangères , Jean-Yves Le Drian, a proposé un retrait « d’abord » des mercenaires simultanément des deux acteurs étrangers présents sur le sol libyen , sans citer, la Turquie et la Russie, arguant que sa proposition vise «  à créer une dynamique », sans plus. N’ignorant pas que le retrait des mercenaires de Libye étant une condition pré-requise à toute élection en Libye, les membres du conseil de sécurité n’ont pas réussi à dégager un plan concret pour en finir avec cet obstacle à tout retour, dans la durée, à la paix et à la sécurité en Libye. Il est évident que si l’ensemble des questions politiques demeurant en suspens, pour la tenue des élections en décembre prochain, venait à connaître des réponses adéquates, la question des mercenaires demeure comme une épée de Damocles sur la tête du peuple libyen et le retour dans la durée à la vie politico-institutionnelle en Libye, pays plongé, depuis 2011 avec l’intervention de l’Otan, dans le chaos, dans le sillage du « printemps arabe » sur fond des plans du « chaos constructif » pour le remodelage de la scène arabe et d’autres régions dans le monde. Dans une déclaration unanime, jeudi, les membres du Conseil de sécurité, en présence de nombreux ministres des Affaires étrangères , se sont contenté de presser les parties libyennes « à faire des progrès pour respecter l’échéance électorale » et le Premier ministre libyen, Abdelhamid Dbeïbah, a indiqué lors de son intervention, voir « un rayon d’espoir au bout du tunnel » après des années de guerre, demandant, à cette occasion , « une aide pour régler » la question des mercenaires étrangers en Libye , déclarant que «  ces combattants doivent se retirer », a-t-il insisté. L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Jan Kubis, a dressé jeudi un constat d’ « impasse » en Libye.
Pour le chef de l’exécutif libyen, la question des mercenaires et soldats étrangers présents sur le territoire libyen, celle-ci « est encore l’une des principales entraves à la stabilité en Libye » lance-t-il aux membres du Conseil de sécurité, avant d’ajouter qu’ « il nous faut recevoir une aide pour pouvoir traiter avec la fermeté nécessaire cette question », a-t-il déclaré. Pour l’ambassadrice américaine à l’ONU, Linda Thomas-Greenfield, « une solution politique en Libye est possible » et d’ajouter devant ses collègues qu’ «elle est nécessaire et urgente », a-t-elle dit, en appelant les « parties à se retrouver »pour avancer ensemble et en affirmant que les « élections ne devaient pas être retardées ». De son côté, la Russie, représentée par son ambassadeur adjoint à l’ONU, Dmitry Polyanskiy, a aussi plaidé pour la tenue de scrutin le 24 décembre prochain, en réclamant un retrait « de toutes les forces étrangères, de manière progressive et synchronisée » afin, a-t-il souligné de «veiller à ce que l’équilibre des forces sur le terrain ne soit pas perturbé ».
Karima Bennour