Ramadhan : les ventes flambent dans la Capitale

A la veille du mois de Ramadan, une virée effectuée, hier, à travers un marché de détail de la capitale a permis de constater de visu le comportement du consommateur. En effet, cette période est généralement marquée par une flambée des prix des produits de large consommation. D’ores et déjà, les prémices d’une ascension des tarifs sont perceptibles. Les personnes approchées à cet effet ont livré leurs impressions immédiates au «Courrier d’Algérie», et parmi elles, celles qui appréhendent de faire poches-vides durant les jours à venir. Cet état de fait se vérifie au marché de la commune de Bachdjarah, une localité située dans la banlieue ouest d’Alger, qui enregistre une activité intense à l’arrivée du mois de Ramadan, où acheteurs et vendeurs ont l’habitude de se rencontrer. Les clients, à majorité femmes, semblent acheter sans réfléchir, et sans trop s’attarder sur l’acte de négociation autour du prix. Qu’en est-il donc des produits offerts, de leur qualité, de leur disponibilité, mais surtout des prix pratiqués? C’est à ces interrogations, justement, qu’il conviendra d’essayer de répondre à travers une visite matinale, effectuée le long des allées de ce marché, convoité par des familles venant des quatre coins de la wilaya d’Alger. Mais avant d’y arriver, faut-il indiquer que des vendeurs ambulants se font déjà remarqués aux abords de la route qui mène vers ce marché. Ils proposent à la vente des fruits et légumes qu’ils acheminent dans des véhicules-camionnettes faisant le plein. Des transcriptions affichant les prix des produits proposés à la vente sont visibles de loin, où quelques clients de passage sont ramenés à garer leur véhicules afin de s’offrir des bananes, de la pêche et de la pastèque…pour n’en citer que ces produits saisonniers. Un fait qui renseigne déjà sur un marché battant le plein, avant même d’y mettre pied. C’est d’ailleurs le cas, puisqu’une fois sur les lieux, celui qui n’a pas eu le reflexe de se lever tôt pour aller faire ses courses, n’aura certainement pas trouvé une place où stationner son véhicule. L’allée principale de ce marché grouille de monde. Les acheteurs s’agglutinent devant les étals de marchandises à telle enseigne qu’il n’y a pas, où presque, où poser pied. Ceux qui arrivent sur les lieux s’entrelacent avec ceux qui venaient de faire plein les sacs. «Je n’ai pas le temps de vous communiquer sur les prix, allez vous renseigner vous-même auprès des vendeurs…», a répliqué un père de famille, la soixantaine, qui semble être pris par le temps pour répondre à la demande d’une personne qui l’a accosté au cours de la route. A première vue, le simple visiteur aura l’impression que les prix des marchandises proposées à la vente seraient, en toute vraisemblance, abordables. Et pour cause, rare d’apercevoir des acheteurs revenir les mains vides. En effet, il suffit de recueillir la première impression d’une femme au foyer pour constater le contraire de ce que l’on aurait pensé être le cas. «J’ai l’impression que je viens de sortir d’une pharmacie. Je ne vous dirais pas que je me suis faite vidée mon portefeuille. Et encore, je n’en ai acheté que pour une journée, notamment de quoi nourrir ma famille au premier jour de Ramadan», a avoué une dame, mère de trois enfants, faisant allusion à la hausse des prix. A ce propos, elle n’a pas hésité à ouvrir l’un des deux sacs qu’elle tenait d’une seule main, pour exhiber sa marchandise, constituée de bananes, de pêches, de dattes et des pommes vertes. En effet, le prix du premier fruit cité varie entre 160 et 180 DA le kilo. Le deuxième affiche une gamme tarifaire allant de 60 jusqu’à 120 DA le kilo. Quant aux dattes, les prix varient entre 200 et 500 DA le kilo, alors que la pomme produite localement, est cédée entre 60 et 80 DA le kilo. S’agissant des légumes, les familles doivent débourser plus qu’elles ne payent habituellement, car les prix «sont revus à la hausse à la veille de ce mois sacré sensé pourtant comme nous le clamons souvent, être une période de miséricorde pour les musulmans», fait remarquer un jeune couple. En effet, à titre d’exemple, le piment vert se vend entre 60 et 70 DA le kilo et la tomate est cédée entre 40 et 80 DA, pour n’en citer que ces produits de large consommation, dont les besoins domestiques se font déjà sentir. C’est aussi le cas pour les viandes rouges et blanches, dont les tarifs risquent de ruiner les bourses des familles, sachant, faut-il aussi souligner, que la consommation en la matière atteint des pics durant cette période. A ce titre, le poisson se vend à raison de 300 DA, alors que les abats de volaille sont cédés à 280 DA le kilo.

L’hygiène alimentaire fait défaut
Comme chaque mois de Ramadan, il n’y pas que la flambée des prix des produits alimentaires qui pose problème aux consommateurs, quoique, jusque là, les bourses des ménages pourraient tenir encore le coup, du moins pour quelques jours ? En effet, l’on pourrait constater sur place, que des marchandises, telles que les viandes fraiches (poulet, poisson…) et les produits laitiers (yaourt…), sont exposées à ciel ouvert, sans respect des normes de conditionnement requises pour de telles marchandises. Il s’agit d’une véritable menace pour la santé du citoyen, de surcroit, en cette période où la consommation alimentaire bat son plein. Interrogé pour en connaitre davantage sur les impressions des citoyens acheteurs face à cette situation, une vieille femme a indiqué qu’«en ces temps de (vaches maigres, Ndlr), le simple citoyen qui dispose de ressources financières limitées est préoccupé beaucoup plus par le produit moins-cher sur le marché que de faire attention à sa qualité. Même si, Oulidi (fiston, Ndlr), nous devons faire très attention à ce que nous consommons…», dira-t-elle à ce propos.
Par ailleurs, à l’orée du mois sacré, il n’y pas que des produits de large consommation qui attirent les acheteurs. En effet, les acheteurs se ruent aussi vers les boutiques proposant des ustensiles de cuisines et autres outils servant de moyens aux préparations culinaires. De leur côté, les marchands restent aux aguets et ne manquent pas de crier à gorge déployée pour se faire entendre de loin, afin de booster leurs ventes. «Approchez, venez acheter à seulement 100 DA le paquet…», clame Omar qui fait de son mieux pour faire écouler sa marchandise, des serviettes en papier.
Farid Guellil 

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