Marocains

PLUSIEURS RESSORTISSANTS ONT PROTESTÉ­­, HIER, DEVANT LE SIÈGE DE L’AGENCE DE RAM DE BIR MOURAD-RAÏS, À ALGER : Le Maroc abandonne ses « sujets » en Algérie

Les Marocains bloqués en Algérie à cause de la fermeture des frontières imposées par la pandémie de coronavirus ne savent plus à quel saint se vouer.

En cause, alors qu’ils attendaient un rapatriement pour pouvoir passer la fête de l’Aïd El Adha auprès des leurs, environ un millier de ressortissants est abandonné à son triste sort en pays voisin. Ils n’ont eu droit qu’à des promesses vaines. En colère, ils étaient des dizaines de personnes à observer, hier à Alger, au niveau de l’agence de Royal Air Maroc de Bir Mourad-Raïs, un rassemblement de protestation pour exiger un rapatriement immédiat. C’est dire le ras-le-bol qui ronge la communauté marocaine en Algérie qui, ne trouvant ni autorité consulaire à leur écoute, ni encore moins un signal de la part de « Sa Majesté » animée par d’autres préoccupations pour accorder un quelconque intérêt à ses ressortissants, a eu recours à une action de protestation pour se faire entendre. Une voie de recours qui s’apparente à un véritable cri de détresse à l’endroit même de la communauté internationale pour une action de protestation tenue en pays étranger, bien que l’Algérie soit un voisin immédiat.
Il suffit d’écouter les témoignages poignants de ces Marocains recueillis par une télévision privée nationale pour s’en rendre compte du désarroi dont lequel ils se trouvent eux qui ont cru en l’engagement de rapatriement des autorités sachant qu’une première opération a été prévue initialement pour jeudi dernier. Mais, leurs espoirs se sont vite évaporés en constant à leur dépens qu’aucun vol n’a été programmé par la compagnie Royal Air Maroc. Pourtant, cette même RAM avait annoncé pompeusement un programme de vols spéciaux à destination de plusieurs pays, dont l’Algérie donc, à l’effet de rapatrier ses ressortissants. Derrière cette « annulation » surprise de vol, une histoire à dormir debout : absence de tests Covid-19 exigés pour les voyageurs marocains avant leur embarquement.
En effet, sur ces vidéos largement reprises sur les réseaux sociaux, les protestataires expriment leur déception, mais aussi et surtout leur désapprobation quant au prétexte avancé par la RAM pour justifier son faux bond. « Nous avons trouvé une solution concernant le problème des tests (Covid-19, ndlr). Si on considère les moyens, toutes les personnes (ressortissants) seront évacuées d’ici quatre à cinq jours. Ils (autorités marocaines) nous ont dit de voir avec l’ambassadeur qui nous a promis de trouver une solution qui viendra de là-bas (Maroc). Mais nous n’avons reçu aucune réponse pour le moment », tonne l’un des protestataires sur le micro de la chaîne El Djazairia One. « Voyez donc ! Ils sont près d’un millier à se rassembler ici. Certains attendent un rapatriement depuis une semaine, voire un mois pour d’autres. Depuis l’avènement du Corona, tout doit attendre pour nous. Les gens veulent passer la fête de l’Aïd avec leurs familles. Il y a des femmes et des personnes malades. Attendre devant cette agence une semaine, vingt-jour ou un mois ? C’est inadmissible, nous exigeons de rentrer avant l’Aid », revendique ce ressortissant à l’air d’en avoir marre du sort que leur ont réservé les autorités de son pays.
Farid Guellil