Au tout début, il s’agissait de trouver le moyen d’alléger le cartable de nos écoliers. Pour éviter certaines pathologies (scolioses, mal de dos, rétrécissement de la cavité thoracique…) causées par un cartable trop lourd pour le petit corps des enfants. C’est le président Tebboune qui avait donné instruction, au cours du Conseil des ministres du 12 septembre 2021, de « trouver des solutions immédiates à la souffrance des élèves due au poids du cartable ». Tous les parents et les enseignants étaient d’accord sur le poids exagéré du cartable des élèves du primaire. Les propositions des experts ont été diverses et variées. Réduire le nombre de pages des cahiers de 120 et 96 pages à 64 pages seulement, réduire le nombre de pages des manuels scolaires,… etc. Des normes du cartables de l’écolier du primaire ont même été fixées à « 40 cm de hauteur, 28 cm de largeur et 12 cm de profondeur ». Finalement ce sont les tablettes électroniques, pour remplacer les manuels scolaires, qui ont été retenues. Pour les « classes de troisième, quatrième et cinquième année du cycle primaire ». Jeudi dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Mohammed Saâdaoui, était à l’APN. Il répondait, précisément, à une question orale, sur les tablettes électroniques à l’école. Il a annoncé que « l’opération de généralisation de ces équipements (tablettes électroniques NDLR) à l’ensemble des écoles primaires sera achevée avant la fin de l’année en cours ». Nous avons aussi appris que c’est une opération d’une complexité insoupçonnée. Selon le ministre, elle « requiert une série de mesures préalables, notamment la formation des enseignants, l’aménagement des classes et la sécurisation des lieux de stockage au sein des établissements, ainsi que la garantie d’une maintenance technique continue ». Ceci en plus de la production de ces tablettes confiée à l’entreprise nationale des industries électroniques (ENIE) qui avoue un taux d’intégration de 30%. Le président de la République a fixé, un mois après, que le taux d’intégration devra être porté à 70%. Ceci dans le but évident de rendre l’exigence de maintenance, cette condition de viabilité, moins problématique tout en réduisant l’importation des composants. Il nous a également appris que « le taux de couverture des écoles primaires en tablettes électroniques s’élève actuellement à 18% », Saâdaoui affirme que « l’opération de généralisation de ces équipements à l’ensemble des écoles primaires sera achevée avant la fin de l’année en cours ». Là, on a du mal à le suivre sachant que les 18% ont nécessité des années, alors que les 82% restants pourraient être livrés en quelques mois. D’autant que, comme on l’a vu plus tôt, il n’y a pas que la production des tablettes pour atteindre l’objectif. Il y a « la formation des enseignants et la sécurisation des lieux de stockages dans les écoles » qui nécessitent du temps et des efforts. Enfin, le ministre a précisé « qu’une enveloppe financière conséquente a été allouée à cet effet ». À petites tablettes, grands moyens. C’est le cas de le dire !
Zouhir Mebarki










































