Le cessez-le-feu fragile conclu sous médiation internationale à Ghaza est aujourd’hui au centre d’un bras de fer politique et militaire qui menace de replonger la région dans la guerre. La résistance palestinienne accuse l’entité sioniste de violer quotidiennement l’accord de cessez-le-feu, en inventant des prétextes, en multipliant les incursions et en poursuivant l’expansion sur les territoires palestiniens. Ces manœuvres seraient destinées, selon les cadres palestiniens, à saboter la trêve et à relancer un conflit d’une ampleur dévastatrice pour la population civile. Moussa Abou Marzouk, l’un des dirigeants historiques du Hamas et membre du Bureau politique du mouvement de la résistance, a dénoncé dans une déclaration à Al Jazeera les campagnes médiatiques de l’entité sioniste visant à accuser la résistance de violations inexistantes. « Les rapports israéliens affirmant que la résistance palestinienne reprend les combats sont purement inventés », a-t-il affirmé. « Le Premier ministre de l’entité sioniste, Benjamin Netanyahou, invente des prétextes pour rompre l’accord de cessez-le-feu, alors que notre mouvement œuvre pour le respecter et mettre fin à la guerre d’extermination menée contre notre peuple ». Abou Marzouk a rappelé avec force que la résistance palestinienne n’a jamais envisagé de rompre la trêve. Le mouvement est pleinement engagé dans le respect de l’accord, et il appelle l’entité sioniste à faire de même en cessant de viser les civils palestiniens. « L’entité sioniste n’a pas mis en œuvre un seul des engagements de la première phase de l’accord », a-t-il souligné. « Elle utilise les aides humanitaires comme instrument de propagande et poursuit des incursions quotidiennes qui coûtent la vie à des dizaines de civils innocents. » Pour le dirigeant palestinien, le recours à un médiateur américain partial illustre le double jeu de l’entité sioniste. Ce médiateur, censé garantir l’application de l’accord, a selon lui pris position en faveur de Tel-Aviv, confondant rôle de juge et d’arbitre. « L’entité sioniste exploite les outils humanitaires pour des fins militaires tout en accusant la résistance de provoquer la violence », a insisté Abou Marzouk. La résistance, en revanche, œuvre « avec sincérité » pour assurer la fourniture d’aides, la cessation des hostilités et le retrait de l’occupation de la terre palestinienne. Selon Abou Marzouk, l’entité sioniste cherche à échapper aux obligations de la phase suivante de l’accord et à empêcher la mise en œuvre complète des résolutions internationales. La force internationale envisagée pour sécuriser Ghaza est perçue par la résistance comme un instrument possible de stabilisation, mais sous réserve d’un dialogue responsable pour le désarmement et le respect du droit légitime à la résistance. La coordination avec les médiateurs internationaux se poursuit afin de garantir la protection des civils palestiniens et de prévenir toute tentative de relance de la guerre ou d’imposition d’un modèle similaire au conflit libanais. Abou Marzouk a insisté : « Notre engagement à maintenir le cessez-le-feu est absolu. Nous respectons les résolutions de l’ONU pour protéger notre peuple et empêcher un retour à la guerre et à l’extermination ».
UNE GUERRE DE L’INFORMATION ET DE LA DÉSINFORMATION
Cette bataille dépasse le cadre militaire. Izzat al-Rishq, l’autre membre du bureau politique de la résistance, a dénoncé une accusation de l’entité sioniste visant à faire passer un combattant palestinien pour un fauteur de troubles dans la zone dite de la « ligne jaune ». « C’est une invention totale destinée à créer un incident pour justifier une reprise de la guerre », a-t-il affirmé. Selon lui, ces accusations s’inscrivent dans une stratégie globale de l’entité sioniste : détourner l’attention des violations continues du cessez-le-feu et justifier une escalade militaire contre les civils de Ghaza. Les tirs, incursions et retards dans l’application des clauses humanitaires démontrent, selon les responsables palestiniens, la volonté de TelAviv de maintenir une pression constante sur la population tout en manipulant l’opinion internationale. Au-delà des accusations mutuelles, un rapport publié par la radio militaire de l’entité sioniste révèle une dimension stratégique inquiétante. La résistance palestinienne aurait, au fil des années, collecté des informations sensibles sur les chars « Merkava 4 », l’un des fleurons technologiques de l’industrie militaire sioniste. Le reportage explique que les Brigades al-Qassam ont formé des combattants capables de reproduire le char grâce à des maquettes grandeur nature et à des simulateurs sophistiqués. Cette formation aurait permis à certains combattants de neutraliser temporairement des chars autour de Ghaza le 7 octobre 2023 grâce à un mécanisme interne secret, connu jusqu’alors uniquement des équipages. Cette capacité à contourner l’arsenal le plus sophistiqué de l’entité sioniste est présentée par la résistance comme une preuve de l’échec de Tel-Aviv à contrôler totalement le terrain malgré sa supériorité technologique. Les informations auraient été obtenues grâce à l’observation minutieuse des comptes de soldats sur les réseaux sociaux, incluant photos, vidéos d’entraînement et contenus provenant de centres de formation.
M. Seghilani















































