Sahara-Palestine

‘’MOIS DÉCOLONIAL’’ À GRENOBLE EN FRANCE : Le Sahara occidental et la Palestine à l’honneur

Dans le cadre du « Mois décolonial » organisé à Grenoble en France au cours de tout le mois de juin, la lutte des peuples du Sahara occidental et ,de Palestine… pour leur liberté a été à l’honneur.

Ainsi, le 14 juin, une table ronde animée par le militant altermondialiste Patrick Farbiaz a réuni les peuples palestinien, sahraoui et kurde. L’assistance dans la salle de conférence était nombreuse. Concernant la lutte du peuple sahraoui, P. Farbiaz a rappelé que « celle-ci s’inscrit totalement dans la lutte des peuples contre l’occupation et le colonialisme. C’est pourquoi, bien que son sort rélève de la responsabilité des Nations unies, un soutien indéfectible lui est dû, et ce d’autant plus que la France est engagée aux côtés du régime marocain d’occupation du Sahara occidental… » Prenant la parole, Mohamed Sidati, membre de la direction nationale représentant du Front Polisario pour la France, a fait l’historique de la problématique sahraouie. Il a souligné que « l’essence de la lutte de son peuple est une lutte pour la paix, la coexistence et la coopération avec ses voisins ». « Nourrie de valeurs des luttes de libération nationale, elle s’inscrit totalement dans la ligne de la défense africaine des principes d’autodétermination et d’indépendance dans le respect des frontières acquises à l’indépendance « . Ce qui explique qu’elle ait été accueillie très favorablement par, successivement, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) et l’Union africaine (UA), dont la République arabe sahraouie démocratique est membre  fondateur. S’agissant d’un cas singulier caractérisé de lutte de libération, le peuple sahraoui a dû faire face d’abord à la colonisation de l’Espagne, puis à une occupation par le Maroc d’une rare violence. Le royaume alaouite, défiant les résolutions internationales, fait régner la terreur parmi la population civile du Sahara occidental et s’active à l’exploitation effrénée de ses ressources. a-t-il rappelé. « Arrivés à ce point, il nous faut rappeler l’implication de la France, qui permet de perpétuer le dernier fait colonial en Afrique : – son appui logistique en armement pour la poursuite de la guerre dans notre pays, – surtout, son appui politique à l’expansionnisme marocain. Ainsi, elle a couvert toutes les turpitudes du régime de Rabat, pour lui éviter l’isolement et la condamnation, notamment au Conseil de sécurité de l’ONU. Avec son droit de veto, elle a obtenu du Conseil qu’il n’adopte pas l’attribution d’un mandat de surveillance des droits de l’homme à la MINURSO, la mission de paix de l’ONU sur le terrain…a rappelé encore Sidati. « On vit aujourd’hui les retombées de cette politique néfaste dans l’ensemble de notre région. Ainsi, la stratégie d’annexion et d’agression menée par le Maroc au Sahara occidental et à l’encontre de ses voisins, avec le soutien tacite de la France, a conduit à la reprise de la guerre au Sahara occidental depuis le 13 novembre dernier », a-t-il dit. « De plus, on voit le makhzen réagir violemment, par les pressions et le chantage, à l’endroit des pays européens qui ne reconnaissent pas sa forfaiture et son fait accompli au Sahara occidental , en particulier contre l’Espagne, avec la tentative de submerger Ceuta et Melilla par des milliers de migrants, notamment des mineurs marocains. Sauf que le Maroc n’a rencontré que réprobation de la part des institutions européennes, notamment du Parlement européen, a-t-il ajouté . » « Nous pensons que le temps est venu pour la France de reconsidérer sa politique préjudiciable pour le peuple sahraoui et pour tous les peuples de la région. Il y va de sa crédibilité et de son intérêt… a martelé  Sidati. « Rendre justice au peuple sahraoui qui lutte depuis des lustres pour son autodétermination et son indépendance est le moyen pour que le Maghreb trouve enfin la paix et la stabilité.. » La conférence a été conclue par un message unanime de solidarité avec les luttes légitimes des peuples sahraoui, palestinien et kurde.

M. B.

RÉUNION DU COMITÉ DE DÉCOLONISATION ONUSIEN
Le Venezuela appuie l’autodétermination du peuple sahraoui
Le représentant permanent du Venezuela auprès de l’ONU a réitéré le soutien de son pays au peuple du Sahara occidental pour qu’il exerce son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, conformément aux dispositions du droit international, de la Charte des Nations unies et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, en particulier la Déclaration 1514 (XV) sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux. Lors d’un discours devant le comité de décolonisation, la mission permanente du Venezuela a profondément regretté que le peuple sahraoui n’ait pas pu se prononcer sur ses aspirations légitimes, ni exercer son droit à l’autodétermination. « Nous regrettons également qu’après plus de trente ans de la création de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental, la MINURSO n’ait toujours pas été en mesure de remplir son mandat. De même, nous rejetons les tentatives faites par certains États de considérer que cette affaire est quelque chose de différent d’une question de décolonisation », a déclaré la mission vénézuélienne auprès de l’ONU. Il a également affirmé son rejet et sa condamnation de la violation unilatérale du cessez-le-feu (établi en 1991), de l’Accord militaire n° 1 et des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, notamment la résolution 2548 (2020), perpétrée par l’une des parties, qui appelle à respecter le cessez-le-feu et à éviter des actions qui pourraient déstabiliser davantage la situation sur le terrain.  »Ces événements graves ont menacé la paix et la stabilité de la région et se sont produits sans actions énergiques de cette Organisation et de son Conseil de sécurité », a déclaré la mission vénézuélienne dans son intervention. « Le référendum permettra au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance, mais il est regrettable que sa tenue ait été empêchée en violation des résolutions pertinentes des Nations unies. Un pas dans cette direction servira à atténuer la souffrance et la frustration du noble peuple sahraoui et de garantir le maintien de la paix, de la sécurité et de la stabilité régionales », a déclaré la mission vénézuélienne dans son discours devant le Comité de décolonisation de l’ONU. Face à cette situation, le Venezuela a demandé aux parties concernées, le Front Polisario et le Maroc, de faire des avancées substantielles conduisant à une solution politique à cette situation et de travailler dur pour répondre aux besoins urgents du peuple sahraoui, tant dans les territoires occupés qu’en les camps de réfugiés sahraouis. Enfin, le Venezuela espère que le Comité pourra s’accorder sur des initiatives décisives permettant la réalisation des droits inaliénables et des aspirations légitimes du peuple sahraoui, notamment la nomination d’un nouvel Envoyé spécial par le Secrétaire général. De même, ajoute-t-il, le Comité doit envoyer une mission au Sahara occidental, dans les plus brefs délais, afin d’obtenir des informations sur la situation actuelle sur le terrain.
M. B.