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26 février 2024
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Mohamed Meziane hausse le ton dans l’affaire Sonatrach 1 : «J’ai exécuté les ordres de Chakib Khelil »

C’est un Mohamed Meziane confiant qui a été auditionné, hier, par le tribunal criminel d’Alger, dans le cadre de l’affaire dite Sonatrach1. Mohamed Meziane, l’ex P-DG de Sonatrach raconte sa version des faits. Confiant et imperturbable devant les multiples questions du juge, le prévenu a surpris ceux qui assistaient au procès.

Niant sa connaissance que son fils, Mohamed Redha, est partenaire dans le groupe Contel Frunkwerk, l’ex P-DG a, toutefois, tenté de convaincre le juge, Mohamed Reggad, que le recours au gré à gré dans la signature des contrats de télésurveillance et d’équipements électroniques pour la sécurisation des sites pétroliers, au sud du pays, avait un «caractère urgent» vu le contexte sécuritaire. Ainsi, jouant sa première carte de la défense, il précisera devant le juge, Mohamed Méziane a tenu à préciser que cela faisait six ans qu’il était sans salaire, sans retraite et sans couverture sociale et cela, après 44 longues années au service de Sonatrach. Essayer de gagner la compassion du juge est un jeu d’enfant pour un P-DG d’une telle intelligence. Bien vêtu d’un costume bleu et d’une montre chic à la main, il fera juste après une présentation de sa carrière. Afin de tenter de démontrer l‘urgence de toutes les décisions prises, y compris la passation de contrats de gré à gré pour la sécurisation des sites, l’ex-P-DG témoignera en disant que « nous travaillons 24heures sur 24. Nous étions tout le temps en état d’alerte, parce qu’on n’était pas à l’abri des incidents (explosions incendies, etc.) ». Selon lui, les installations de Sonatrach n’étaient pas à l’abri d’une attaque, il donnera l’exemple de la base de Rhoude Nouss où les terroristes avaient séjourné quatre jours avec leur arsenal de guerre. Idem pour les pipes qui avaient subi des actes terroristes pendant la décennie noire.
Par la suite, la carte joker utilisée, par le prévenu est son «patriotisme économique et son dévouement à son travail dans l’intérêt de la patrie ». En effet, le prévenu est allé, contre toute attente, jusqu’à affirmer que les incidents enregistrés à Skikda, à Sidi Arcine, le problème des bouées de stockage et les actes de sabotage à Rhourde Nouss à Ouargla… étaient des preuves que le recours au gré à gré n’avait en aucun cas un rapport avec les liens de parenté entre moi et mon fils, qui était actionnaire à Contel Frunkwerk. Lorsque le juge a rappelé à l’accusé que les vices-présidents de Sonatrach, Boumediène Zenasni et Rahal, avaient exprimé le caractère urgent des projets dans leur réalisation et non dans la nature du projet, tel que régit par les lois en vigueur, Mohamed Meziane a répondu d’une langue de bois en assurant que son poste lui exigeait d’être perspicace et de prédire l’avenir.
Mohamed Méziane répliquera : « Il y avait urgence pour la télésurveillance pour éviter les incursions terroristes. Le président du tribunal lui rappelle qu’entre la présentation de Contel en novembre 2004 et la signature du contrat en 2008, quatre ans se sont écoulés. « Où est l’urgence de donner le marché de gré à gré ? » Il faut dire que c’est une réponse surprenante, de la part d’un père de famille et du P-DG de la première compagnie pétrolière du pays. « Il faut avoir le flair, et en 2004 la situation sécuritaire était toujours délicate, essentiellement dans le Sud », dira-t-il au juge. « Je vous donne un exemple. Hassi Messaoud produit à elle seule 40% du pétrole algérien. Il y avait des dangers sans oublier la concurrence. Il était, donc, obligatoire de protéger ces infrastructures ». « J’ai, de ce fait, exécuté les ordres, et ce, pour l’intérêt de l’Algérie », précisera-t-il. De surcroît, il affirmera que ce sont des ordres que je ne conteste pas par, respect de l’organisation et de la hiérarchie ». Juste après le juge, Mohamed Reggad, a rappelé à l’accusé les différentes directives (R14, R15) dans lesquelles il est clairement spécifié que l’appel d’offre et la règle de gré à gré. « Or, vous avez fait l’inverse. » Sur ce point, on remarquera la panique de Mohamed Meziane qui a tenté de rejouer la carte des risques sécuritaires. Puis se ressaisit en précisant que cela ne faisait qu’ une année seulement qu’il était en poste. Mohamed Méziane revient ensuite sur l’instruction du ministre. Le juge l’interrompt pour lui faire remarquer que l’instruction en question alertait sur les dysfonctionnements dans la gestion des sites et l’absence de badges pour les employés. « Mais c’est le ministre qui a demandé un diagnostic ». Il dira que le ministre, Chakib Khelil leur avait enjoint de faire vite sous peine de mesures coercitives. Et de préciser : « je n’ai jamais pris une décision sans consulter les cadres ou le comité exécutif. » Il expliquera aussi que c’est lui qui a donné les délégations de signature pour les contrats, mais sur la base des dossiers que lui transmettaient les responsables en charge de l’examen des documents des projets. Mais aussi conformément à la charte des responsabilités qui existe depuis 1963 dans l’entreprise.

«Mohamed Redha (mon fils) ne m’a pas demandé de l’aider»
Quelques instants après, le juge demande à l’accusé, s’il n’avait pas aidé Contel Algeria appartenant à Al Smail, ami d’enfance de Mohamed Redha Meziane, pour obtenir le marché de télésurveillance. Sur ce, l’ex-PDG ne dément pas que son fils lui ait parlé d’un ami à lui qui voulait présenter ses équipements. « Je lui ai recommandé d’adresser une correspondance. J’ai reçu Al Smail en 2004 et je lui ai dit que nous n’étions pas spécialistes en la matière. Je ne l’ai plus revu jusqu’en 2005. » Et d’ajouter :
« Mais à aucun moment Mohamed Redha m’a demandé de l’aider. » Et Mohamed Méziane, pour prouver sa bonne foi, a raconté comment il a demandé à ce que son fils qui travaillait à Sonatrach soit rétrogradé alors que sa promotion était méritée, « de l‘aveu même de sa hiérarchie ». Deux jours plus tard, Fawzi est pris d’un malaise cardiaque et évacué à l’hôpital. Pour ce qui est du choix porté sur Contel pour le projet de la télésurveillance, il indiquera que « je ne connaissais même pas les prix » Il renchérit pour justifier le choix de Contel que « c’était l’entreprise la moins disante qui, après sa présentation satisfait nos ingénieurs. De plus, parmi toutes celles qui avaient soumissionné, elle était la seule qui avait respecté ses engagements. »
Lamia Boufassa

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