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L’OPÉRATION “UN MILLION DE MOUTONS” VA BON TRAIN : Un troupeau de 17 000 têtes arrive à Oran 

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Après une première cargaison de 12 350 têtes en provenance de l’Espagne réceptionnée, jeudi dernier, au port d’Alger, l’Algérienne de viandes rouges (ALVIAR), par l’intermédiaire de sa filiale, l’Office régional des viandes de l’ouest (ORVO), a procédé à un nouveau déchargement simultané de deux cargaisons de moutons importés au port d’Oran.  

La première cargaison est estimée à 7 000 têtes de moutons, et la seconde à 10 250 têtes de moutons, toutes deux en provenance de la Roumanie. Tous les moyens humains et logistiques ont été mis à disposition par l’entreprise ORVO/ALVIAR, y compris une flotte importante de camions, pour accueillir cette cargaison de moutons importés. Ces moutons seront mis en quarantaine (chaque cargaison séparément) dans deux parcs situés sur le territoire de la wilaya d’Oran, qui ont été aménagés et préparés par l’entreprise ORVO/ALVIAR. Les cheptels sont mis sous contrôle des vétérinaires de l’entreprise, avec l’accompagnement de l’Inspection vétérinaire de la wilaya d’Oran. Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’exécution des ordres du Président de la République, concernant l’importation d’un million de moutons destinés au sacrifice de l’Aïd et ce conformément aux directives du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche.  Ces opérations sont supervisées par le Groupe des industries agroalimentaires et de la logistique (AGROLOG). À noter que ce programme d’importation d’un million de moutons pour l’Aïd El-Adha a été décidé par le président Abdelmadjid Tebboune. Le prix d’une tête était plafonné à 50 000 DA. 

Préserver le cheptel local 

Dans ce contexte, l’expert en agriculture et ancien cadre au ministère de l’Agriculture, Mustapha Benaoui, qui s’est exprimé hier sur les ondes de la Radio nationale chaîne 3, a estimé que cette initiative d’importation, pilotée par le ministère de l’Agriculture, vise à approvisionner le marché national et à atténuer la pression sur un cheptel local en baisse». Benaoui a, d’emblée, rappelé que « les importations proviennent de plusieurs pays, notamment l’Espagne, la Roumanie, le Brésil et l’Uruguay, avec la mobilisation de quatre opérateurs internationaux », ajoutant que l’opération s’étalera sur une période d’environ 60 jours, « avec un objectif affiché de distribution d’un million de têtes à travers le territoire national ». «Nous sommes en face d’une période de deux mois pour livrer un million de têtes, ce qui n’est pas une chose aisée», a relevée Benaoui, insistant sur « la multiplicité des étapes, allant de l’arrivée des animaux à leur mise en quarantaine, puis à leur distribution via des points de vente dédiés ». Tout en indiquant que cinq ports sont concernés par la réception des cargaisons, à savoir : Oran, Mostaganem, Ténès, Alger et Annaba, il dira qu’« après leur arrivée, les moutons seront soumis à une quarantaine sanitaire d’une durée variant entre 20 jours et un mois, incluant des opérations de dépistage avant leur mise sur le marché».

Le défi de la prise en charge 

Par ailleurs, l’invité de la Radio a évoqué  l’un des principaux défis reste la prise en charge du cheptel durant cette période. Dans ce sens, il a précisé que «la prise en charge du cheptel en matière d’alimentation, d’abreuvement et de couverture sanitaire est essentielle», estimant «qu’un mouton nécessite en moyenne entre 600 et 700 grammes d’aliments par jour, soit un besoin global d’environ 30 000 tonnes, outre une consommation en eau de 3 à 5 litres par jour et par tête ». Il a, d’autre part,  affirmé que «le transport constitue également un enjeu logistique majeur. Un camion aménagé peut transporter jusqu’à 120 têtes, contre 60 pour un véhicule non adapté. La réussite de l’opération dépendra donc de la disponibilité de moyens de transport conformes et suffisants ».  Concernant la distribution, il a souligné que les autorités ont prévu une densification des points de vente à travers les wilayas, avec une volonté affichée d’éviter les dysfonctionnements observés lors de la campagne précédente. Toutefois, Benaoui plaide pour « une implication directe des grands éleveurs, disposant selon lui des capacités logistiques nécessaires».

Un volume limité comparé aux besoins

Sur la question de l’équité dans la distribution, l’expert rappelle que le volume prévu reste limité face aux besoins réels. «Le million de têtes est insuffisant vis-à-vis de la demande», affirme-t-il, estimant que «les besoins nationaux se situent entre 3,5 et 4 millions de têtes », indiquant également que « le cheptel national est estimé à environ 18 millions de têtes, dont seule une partie est apte à l’abattage ».

L’importation, une solution nécessaire et une stratégie à long terme

Dans ce contexte, l’importation apparaît comme une solution nécessaire, mais aussi comme une stratégie à long terme. Benaoui explique que «c’est une opération stratégique qui va durer dans le temps, 5 à 8 ans, pour permettre la reconstitution du cheptel national», évoquant « la dégradation des parcours naturels et la nécessité de réduire la pression sur les ressources locales ». Enfin, il propose une évolution du modèle actuel en suggérant « une importation continue tout au long de l’année plutôt que concentrée avant l’Aïd ». «C’est l’opération la plus rationnelle», conclut-il, appelant à une approche plus durable et mieux planifiée.

Ania N. 

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