Le rendez-vous le plus brûlant du football algérien se jouera dans un silence inhabituel. Le derby entre le MC Alger et l’USM Alger, prévu le 30 mars à Douera, a été frappé d’un huis clos. Une décision disciplinaire qui, si elle se veut exemplaire, soulève déjà des interrogations quant à son impact réel sur le spectacle et l’équité sportive.
La commission de discipline de la Ligue de football professionnel a en effet décidé de sanctionner le MCA après les incidents survenus face à l’USM Khenchela. Fumigènes et jets de projectiles ont été relevés, sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer. Des faits répréhensibles, certes, mais dont la portée réelle interroge au regard de la sévérité de la sanction. Car au-delà de la récidive ( il s’agit d’une cinquième infraction ) c’est surtout le timing qui interpelle. Priver un derby d’Alger de son public revient à altérer l’essence même de cette affiche, connue pour son intensité dans les tribunes autant que sur le terrain. Une punition collective qui frappe autant les fautifs que les milliers de supporters irréprochables. Le MC Alger devra en outre s’acquitter d’une amende de 1 000 000 de dinars, tandis que plusieurs sanctions individuelles ont été prononcées. Le défenseur Ayoub Ghazala a écopé d’un avertissement pour contestation, accompagné d’une amende de 100 000 DA. L’entraîneur Khaled Benyahia a, lui aussi, été sanctionné pour avoir boycotté la conférence de presse. À cela s’ajoute une amende de 100 000 dinars infligée au club pour le comportement de ses dirigeants. Une accumulation de sanctions qui donne le sentiment d’un durcissement de ton de l’instance, mais sans réelle garantie d’efficacité à long terme.
Sur le plan sportif, le MCA reste leader avec 46 points, devant la JS Saoura et l’Olympic Akbou. Pourtant, ce derby à huis clos pourrait rebattre certaines cartes. L’absence du public, souvent considéré comme un « douzième homme », prive les Mouloudéens d’un avantage non négligeable. Au final, la décision pose une question de fond : sanctionner est nécessaire, mais à quel prix pour le spectacle et l’âme du football ? En voulant corriger les débordements, ne risque-t-on pas de vider les stades… et les émotions qui font vivre ce sport ?
Un derby sans supporters est-il encore un vrai derby ?
M. A. T.















































