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Les Verts éliminés en demi-finales du championnat d’Afrique de handball : Quand les détails font basculer un match de haut niveau

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Être à égalité (3-3) à la 6e minute d’un match de demi-finale de la Coupe d’Afrique pourrait laisser espérer un affrontement équilibré et disputé jusqu’au bout. Pourtant, ce fragile équilibre n’aura été qu’une illusion de courte durée. En l’espace de neuf minutes seulement, l’écart s’est creusé de manière brutale et presque inexplicable, passant à 13-5 à la 15e minute. Un tel scénario, à ce niveau de compétition, ne pardonne pas.
À partir de cet instant, toute l’économie du match change. L’équipe se retrouve contrainte de fournir des efforts physiques et mentaux largement supérieurs pour tenter de revenir au score. Certes, entre la 15ᵉ et la 60e minute, la différence n’aura été que d’un seul but, ce qui pourrait donner l’illusion d’un match relativement équilibré sur la durée. Mais le mal était déjà fait. En handball moderne, et plus encore lors d’une demi-finale continentale, la gestion des temps forts et des temps faibles est primordiale. Un trou d’air de dix minutes suffit à hypothéquer l’issue de la rencontre.
Le handball est un sport qui exige soixante minutes pleines de concentration, de discipline tactique et de lucidité. Or, ce que cette rencontre a mis en lumière, ce sont des défaillances récurrentes : précipitation dans la construction des attaques, non-exploitation du temps réglementaire de l’offensive, fautes techniques élémentaires, manque criant d’efficacité devant le but et surtout une défense désorganisée, dépassée par la vitesse et la variété du jeu adverse. Ces erreurs cumulées ont permis à l’équipe tunisienne de prendre confiance et d’imposer son rythme.
Sur le plan individuel, certaines statistiques sont particulièrement révélatrices. Abdi, considéré comme le meilleur joueur de la sélection, a inscrit 4 buts. Toutefois, son taux de réussite n’a été que de 44 %, un chiffre relativement faible pour un joueur appelé à porter le poids offensif de toute une équipe. Cette situation met en évidence un problème structurel : l’absence de véritables arrières de haut niveau capables de partager la responsabilité offensive. Lorsque tout le danger repose sur un seul joueur, la tâche de la défense adverse s’en trouve grandement facilitée.
Dans les buts, le constat est tout aussi parlant. Ghodbane, en progrès relatif par rapport à la rencontre face à l’Égypte, a réalisé 7 arrêts pour un taux de réussite de 26 %. Une performance honorable dans l’absolu, mais insuffisante lorsqu’on la compare à celle du gardien tunisien Harbaoui, auteur de 13 arrêts avec une efficacité de 39 %. À ce niveau, la différence entre deux gardiens peut, à elle seule, décider du sort d’un match. La Tunisie a su s’appuyer sur une dernière ligne défensive solide, capable de stopper les moments forts adverses et de redonner confiance à l’ensemble du collectif.
Cette défaite s’inscrit par ailleurs dans une dynamique historique préoccupante. Depuis la finale de la Coupe d’Afrique 2014, l’Algérie n’a plus battu la Tunisie. En quatorze confrontations officielles et amicales disputées depuis, le bilan est sans appel : treize défaites et un seul match nul. Cela, alors même que le niveau du handball tunisien a connu un certain recul ces dernières années. Ce constat souligne l’ampleur du fossé qui s’est creusé, non seulement en termes de résultats, mais aussi de stabilité, de continuité et de projet sportif.
Il serait cependant réducteur d’imputer cette situation uniquement aux joueurs ou au staff technique actuel. La crise que traverse le handball algérien est bien plus profonde. Elle touche à la formation, à la détection des talents, à la qualité du championnat local, à la préparation physique, à la planification à long terme et à la gouvernance globale de la discipline. Les symptômes visibles sur le terrain ne sont que la conséquence d’un mal structurel enraciné depuis plusieurs nnées. La rencontre de classement face au Cap-Vert offrira peut-être un dernier éclairage sur l’état réel de cette sélection. Mais au-delà du résultat, c’est surtout un diagnostic global et lucide qui s’impose. Sans une remise en question profonde et un projet clair, cohérent et durable, les mêmes causes continueront de produire les mêmes effets, et les désillusions se répéteront face aux grandes nations africaines du handball.
H. S.

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