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Le tennis en flammes au Maroc : Un gros dérapage lors de la Coupe Davis

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Au cœur de Casablanca, l’USM Tennis Club a été le théâtre d’incidents sans précédent lors du barrage de Coupe Davis opposant le Maroc à la Colombie. Les spectateurs ont transformé la terre battue en champ de tensions, rappelant la finale chaotique de la CAN 2025 et questionnant sérieusement la capacité du royaume à gérer des événements sportifs de haut niveau.

Le match entre Reda Bennani et Nicolas Mejia aurait dû être une vitrine de fair-play et de prestige pour le tennis marocain. Mais une simple célébration du Colombien a suffi à embraser les tribunes. Un doigt posé sur la bouche, geste anodin dans tout autre contexte, a déclenché insultes, bouteilles lancées et tentatives d’intrusion sur le court. La délégation colombienne a dû quitter l’enceinte sous escorte policière, une situation digne d’un scénario inédit pour une compétition internationale de tennis.

L’incident dépasse largement le cadre d’une simple altercation sportive. Nicolas Mejia a évoqué sur les réseaux sociaux des insultes visant sa famille, mettant en lumière la gravité de la situation. Si le joueur reconnaît une célébration « peu élégante », la disproportion de la réaction souligne une fragilité inquiétante dans la gestion des spectateurs et l’encadrement des événements.

Héritage chaotique de la CAN 2025

Ces incidents rappellent fortement les désordres de la finale de la CAN 2025. Le Maroc, qui ambitionne de s’imposer comme une place forte de l’événementiel sportif mondial, peine à transformer la passion en ferveur maîtrisée. Dans les tribunes, la ferveur se mue trop souvent en agressivité, et les mesures de sécurité semblent insuffisantes pour contenir la colère d’un public à fleur de peau.

Pour un pays qui vise l’organisation de la finale de la Coupe du monde 2030, ces épisodes jettent un doute sérieux sur sa capacité à accueillir des événements internationaux avec sérénité et fair-play. La crédibilité du royaume en matière de sécurité, d’organisation et de culture sportive est directement remise en question. Au-delà de l’image, c’est la perception des athlètes et des délégations étrangères qui pourrait pâtir durablement de ce climat instable.

Le tennis, sport codifié et respectueux des règles, n’avait jusqu’alors jamais connu de tels débordements dans son histoire. Cette crise révèle une contradiction majeure : un pays qui veut briller sur la scène internationale mais qui peine encore à contrôler ses spectateurs lors de manifestations sportives. L’incident de l’USM Tennis Club n’est donc pas un simple fait divers, mais un signal d’alarme pour le sport marocain.

Entre ambition internationale et incapacité à contenir la ferveur, le Maroc devra tirer les leçons de ces épisodes si l’objectif de devenir un pôle majeur de l’événementiel sportif mondial reste crédible.

M. A. T.

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