Ghali-Belkecir

Le procès Hamel débouche sur une série de révélations fracassantes : Liaisons dangereuses !

La question, lancinante, qui se pose à la suite de ce procès retentissant, est celle de savoir si l’ancien patron de la Gendarmerie nationale fera l’objet d’une convocation par la justice, et/ou fera incesamment l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le général Belksir, ancien patron de la Gendarmerie nationale, a directement été mis en cause par l’ex-DGSN dans un procès retentissant et à multiples facettes.

De fait, la conclusion la plus frappante qui peut être déduite de ce procès retentissant est que beaucoup d’anciens hauts responsables, à l’image de Hamel lui-même, d’ailleurs, se comportaient comme des « outlaws » patentés, ignorant de manière flagrante l’ensemble des lois de notre république. Sans le « hirak, en somme, nous aurions continué à être dirigés par cette « bande » qui, des années durant, a fait de l’Algérie une véritable propriété privée. À la faveur de ces époustouflantes révélations, dont nous ne connaissons sans doute qu’une infime partie, l’on saisit mieux l’ampleur de ces défis auxquels s’est astreint le président Tebboune. Le mal est tellement profond que les changements probants et salutaires risquent de se faire attendre pendant très longtemps avant de commencer à donner leurs premiers fruits. C’est sous ce prisme, sans doute, qu’il convient d’appréhender les récents changements opérés par Tebboune au sein de l’appareil judiciaire en sa qualité de premier magistrat du pays. Par exemple, l’ancien ministre de la Justice « bidouillait » tous les dossiers sensibles traités par les magistrats, dans le seul but de favoriser un clan et des intérêts par rapport à d’autres. L’appareil judiciaire, aux mains de cette bande, était dénué de toute indépendance, laquelle faisait sa force, attendu que la justice est rendue au nom du peuple, et de lui seul. Les magistrats, libérés de ce « carcan moral qui en limitait les mouvements et les décisions, devraient donc s’attaquer aux dossiers les plus sensibles aux fins de les instruitre en toute indépendance. Il devrait en être ainsi pour le général Belksir, dont la femme, elle-même magistrate, a trouvé refuge à l’étranger. Ainsi donc, le réexamen de ce dossier pourrait peut-être nous apprendre comment cet officier supérieur a pu quitter le sol algérien avec armes et bagages, en même temps que sa famille, alors qu’il se trouvait déjà au centre d’une importante polémique.
L’enquête à venir nous dira si l’ancien patron de la sécurité intérieure n’était pas étranger à cette exfiltration qui promet de faire couler encore force encre et salive. C’est également le cas de la « fuite » éperdue de l’ancien secrétaire particulier du défunt chef d’état-major et vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah. Son retour forcé, au pays, n’est dû qu’à l’entregent du président Tebboune lui-même. Ce dernier est engagé dans un combat homérique dans le but d’extraire, et de mettre hors d’état de nuire, le restant de cette bande. Celle-ci, capable de provoquer encore de douloureuses répliques, se trouve sans doute derrière les récents incidents qu’a connu l’Algérie durant ces derniers jours, et à propos desquels le chef de l’État lui-même a ordonné des enquêtes approfondies.
Guermit Benouira, le sectaire particulier de Gaïd Salah, extradé de force vers l’Algérie, aura sans doute des choses intéressantes à dire à propos des agissements de cette bande si d’aventure il venait à passer aux aveux. Mais que ce dernier le fasse ou pas, la dynamique de redressement national est lancée, et bien lancée.
Or, rien, ni personne ne saurait l’arrêter…
Kamel Zaidi