La décision souveraine et constitutionnelle, historique par ailleurs, d’envoyer des soldats de l’Armée nationale populaire au Niger ne répond pas seulement aux besoins en stabilité et en sécurité, mais il est également question de sécuriser les installations stratégiques implantées chez le voisin du sud.
Le Parlement national (Conseil de la nation et Assemblée populaire nationale) a donné quitus, hier, au président de la République, après la Constitution qui lui confère cette prérogative, pour qu’il envoie des détachements de l’Armée nationale populaire au Niger.
Selon un communiqué du Conseil de la nation, qui a fait état d’une séance plénière à huis clos sous la présidence d’Azouz Nasri, président du Conseil, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, en sa qualité de représentant du président de la République, a présenté un exposé sur l’objet de la saisine datée du 22 octobre 2026. Elle concerne l’envoi de détachements militaires en République du Niger. Cette réunion s’est tenue en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjia Djilali, et d’officiers supérieurs de l’ANP. Les membres du Conseil ont écouté les interventions des présidents des groupes parlementaires et/ou de leurs représentants, ainsi que du délégué des membres non affiliés à un groupe parlementaire. Selon le communiqué du Conseil, ces derniers ont exprimé leur totale confiance en la sagesse du président de la République, soulignant les motifs et les raisons ayant nécessité l’activation de l’article 91 de la Constitution, ainsi que les objectifs visés par la décision, fondés sur « la protection des intérêts énergétiques et la mise en œuvre des dispositions de la convention bilatérale signée entre les deux pays frères et voisins ». Le Conseil avait adopté à l’unanimité la saisine du président de la République, avec 148 voix pour sur 148 voix, réparties entre 131 membres présents et 17 procurations, conformément aux dispositions de l’article 91, alinéa 2, de la Constitution.
Pour leur part, les députés de l’APN ont approuvé, hier, à la majorité absolue des membres présents, la saisine adressée par le président Abdelmadjid Tebboune, concernant l’envoi de détachements de l’ANP hors du territoire national, notamment au Niger. Cette séance plénière à huis clos a été présidée par Khalida Boufedèche, présidente de l’Assemblée, conformément aux dispositions de l’article 136, paragraphe 3, de la Constitution, et en présence de la ministre des Relations avec le Parlement, Nadjiba Djilali. Selon un communiqué de l’Assemblée, Ahmed Attaf, en sa qualité de représentant du président de la République, a présenté un exposé sur l’objet de la saisine du chef de l’État. L’Assemblée a écouté les interventions des chefs des groupes parlementaires, qui ont exprimé, comme leurs collègues du Conseil, leur entière confiance en la sagesse du président de la République, soulignant les motivations et les raisons ayant nécessité l’activation de l’article 91 de la Constitution, ainsi que les objectifs visés par cette décision, fondés sur la protection des intérêts énergétiques et la mise en œuvre des clauses de l’accord bilatéral signé entre les deux pays frères et voisins.
Destination base de Madama
Selon le diplomate et ancien ambassadeur Amar Belani, la base stratégique de Madama sera la destination des soldats déployés par l’Algérie au Niger. « Cet engagement serait pris en réponse à une demande souveraine des autorités nigériennes et dans le cadre d’un accord de coopération de sécurité bilatérale », a analysé Belani, pour qui les forces algériennes devraient être stationnées à la base militaire de Madama, située dans le nord du Niger et près de la frontière avec la Libye. Il s’agit, rappelle le diplomate, d’un ancien poste militaire français développé dans le cadre de l’opération Barkhane, soulignant que le site militaire occupe une position stratégique pour la surveillance de la région du Sahel et des routes transfrontalières. Située à environ 263 km à vol d’oiseau d’Al-Wigh, dans le Fezzan libyen, la base de Madama est, selon Belani, un site militaire associé aux forces de Khalifa Haftar et servant de point d’appui dans le sud-ouest de la Libye ».
Farid Guellil








