Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a décidé, pour cette année, de reconduire l’opération d’importation d’une quantité d’un million de moutons en prévision de la prochaine fête de l’Aïd El-Adha. Manifestement, cette décision est à même de permettre à l’écrasante majorité des familles algériennes, dont notamment celles qui touchent un revenu modeste, de s’offrir un mouton pour célébrer décemment, dignement et allégrement cette fête religieuse. Le mouton importé sera plus ou moins à la portée de tous. Comme durant l’année passée, c’est l’Etat qui va en fixer le prix de vente. Les familles algériennes pourront ainsi satisfaire au rituel du sacrifice à un prix abordable. En 2025, les Algériens l’ont acheté à 40 000 dinars. Pour cette année, il est encore tôt pour en parler. Mais l’Etat sera là à garantir l’accessibilité. Car, pour la deuxième année de suite, les maquignons qui agissent en maîtres et imposent leur diktat dans le marché juteux du mouton de l’Aïd, seront mise hors circuit. En d’autres termes, le seul intervenant dans le marché sera les pouvoirs publics. Grâce à un marché pourvu et inondé avec une quantité d’un million de têtes de moutons, les citoyens peuvent « se permettre le luxe et le choix » d’acheter à un prix fixe. D’ici là, qui plus est, les Algériens ont plus de quatre mois devant eux (L’Aïd El-Adha devrait tomber à la fin du mois de mai prochain) pour planifier leurs dépenses. En conséquence de quoi, les marchands cupides et autres spéculateurs véreux se verraient contraints, soit de s’aligner sur le prix fixé par l’Etat, soit de perdre le marché. Le président Abdelmadjid Tebboune, en décidant de recourir à l’importation, entend préserver le pouvoir d’achat du citoyen. C’est une décision qui confirme un engagement sans faille de maintenir le caractère social de l’Etat bien intact. Ceci d’un part. De l’autre, l’ouverture du marché du mouton à l’importation permet de couper l’herbe sous les pieds des spéculateurs. Autrement dit, l’injection d’une telle quantité importante dans le marché du mouton va porter un coup sérieux aux marchands cupides. C’est une décision dissuasive et préventive. Mais c’est aussi un message fort de la part de l’’Etat à l’égard des citoyens au même temps qu’un avertissement à l’endroit des spéculateurs qui sont aux aguets en prévision de cette occasion. Par ailleurs, cette décision est aussi un choix douloureux. Et pour cause, le président Tebboune, comme l’a regretté récemment à l’occasion du discours sur l’état de la Nation, aurait voulu que la filière des viandes soit développée et soit suffisamment performante pour économiser au Trésor publics des millions de dollars à l’importation.
Farid Guellil








































