Kamel Djenouhat

LE CHIFFRE EFFARANT DU PR KAMEL DJENOUHAT : « 20 000 cas de Covid-19 enregistrés chaque jour en Algérie »

Il est plus qu’évident que la situation sanitaire s’est nettement détériorée ces derniers jours, sachant que les chiffres des contaminations sont largement supérieurs à ceux annoncés quotidiennement par le ministère de la Santé. Selon les spécialistes, après son apparition dans le pays, le nouveau variant Omicron a pris l’ascendant sur le Delta.

En effet, d’après les chiffres communiqués par les autorités, une forte hausse des cas de coronavirus a été enregistrée ces dernières 24h, cette vitesse de propagation du virus s’explique par la présence du variant Omicron, réputé pour sa forte contagiosité, comme l’avait d’ailleurs précisé l’Institut Pasteur d’Algérie dans un communiqué où il a annoncé que ce mutant représentait 57% des cas de Covid-19 détectés en Algérie. Dans ce cadre, tous les professionnels de la santé ont lancé des alertes, appelant les citoyens et les autorités à l’anticipation, comme est le cas du président de la Société algérienne d’immunologie et chef de service du Laboratoire central de Rouiba, en l’occurrence professeur Kamel Djenouhat, qui avait bel et bien alerté il y a quatre semaines de cela à la radio chaîne 3, que sur la multiplication des cas de contaminations « le variant Delta est le mutant le plus menaçant et meurtrier et celui d’Omicron est le plus rapide et contagieux». Prévoyant, hier encore, que le pic sera atteint dans les prochains jours.
Dans ce registre le professeur a déclaré que « le nombre réel » des contaminations de coronavirus en Algérie est d’environ 20 000 par jour, précisant que la réalité est qu’Omicron représente actuellement 70% des cas contrairement aux données avancés par les autorités. Pour cela, il est plus que nécessaire que le pays renforce la campagne vaccinale, et crée plus de centres de dépistage pour effectuer le séquençage pour identifier le type de variant.
Rappelant que Djenouhat avait regretté « qu’en 2021, de n’avoir qu’un seul Centre de séquençage de l’Omicron. Il faut agir vite et rapidement pour généraliser ces opérations», précisant que cela pourra nous épargner : « de faire monter un prélèvement d’un Algérien qui habite à Tamanrasset pour faire le séquençage à Alger », dira le professeur Djenouhat. Pour ce qui est de la vaccination, notant que ce processus est plus que nécessaire pour arrêter la chaîne de transmission du virus, et éviter les complications notamment chez les personnes âgées. En revanche, nous regrettons la réalité de la vaccination en Algérie, loin de la réticence, nous observons que l’opération se termine à 13h dans les centres médicaux à l’instar de l’établissement public de santé de proximité Sidi M’ hamed Bouchenafa.
Du coup, la vigilance est de mise quant au respect des mesures barrières et des protocoles sanitaires pour assurer la tendance du recul des prises de contamination sinon les mesures et les décisions prises jusque-là dont la suspension des cours (10 jours) n’auront pas atteint l’objectif escompté et le relâchement fera perdurer la gravité de la situation sanitaire qui aura sans doute des répercussions sur la vie économique et sociale.

Les université suspendent les cours et ferment les cités pour 10 jours
En effet, après que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a pris la décision de suspendre les cours dans les universités et les écoles supérieures, et de reporter les examens jusqu’après le 27 janvier, la direction des services universitaires d’Algérie Est a annoncé la fermeture totale des résidences universitaires et la suspension des services de transport et de restauration. Les procédures de fermeture se poursuivront jusqu’à ce que les conditions sanitaires s’améliorent, selon ce que la même autorité a indiqué dans un communiqué.
À cet égard, la même autorité a mis à disposition des bus pour transporter les étudiants vers des résidences universitaires, plus précisément vers la gare terrestre de Kharouba, afin de faciliter leur acheminement vers leurs wilayas. Pour rappel, il a été décidé, mercredi dernier, la suspension des études dans les trois paliers d’enseignement, après une réunion pour évaluer la situation épidémiologique dans le pays présidée par le président Abdelmadjid Tebboune. À l’issue de la réunion, la décision de fermer les universités a été laissée aux responsables des institutions et centres universitaires, compte tenu du calendrier des examens et de la possibilité de le reprogrammer pour les étudiants.
Sarah Oubraham