Le chef des négociateurs du Front Polisario, Khatri Addouh : «le Conseil de sécurité doit être ferme et sévère à l’encontre du Maroc»

Appelant le Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), avant quelques heures de la tenue de la réunion de ses membres sur le Sahara occidental «à réagir et à adopter une position ferme » à l’égard des autorités coloniales marocaines, le président du Parlement sahraoui, Khatri Addouh a indiqué, hier, que le Maroc « ne tente pas seulement de geler le processus onusien de règlement » de la question sahraouie, « mais de le faire échouer», a-t-il averti.

Exhortant le Conseil de sécurité « à assumer ses responsabilités », le chef des négociateurs du Front Polisario a averti la communauté internationale « sur les conséquences inconnues sur la région des agissements irresponsables du Maroc». Le responsable sahraoui a averti, hier, que le Maroc « veut coûte que coûte que le traitement de la question sahraouie se fasse en dehors de la légalité internationale et en dehors du cadre juridique, définissant la question du Sahara occidental, comme question de décolonisation». Rappelant qu’il s’agit d’un territoire non-autonome, inscrit dans les textes des Nations unies, Khatri Addouh souligne que la solution du conflit opposant le Front Polisario et le Maroc «passe inévitablement par l’exercice du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination» a-t-il déclaré. à notre question de savoir quel sera son message au Conseil de sécurité, à quelques heures avant la réunion de ce dernier (hier soir : ndlr) sur le Sahara occidental, « le moment est opportun » nous répond-il « pour interpeller le Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il prenne les décisions fermes » à même, a-t-il poursuivi, « d’amener le Maroc à regagner la voie de la légalité internationale» après que Rabat, « fut mise dans une position de rébellion contre le droit international et la Communauté internationale» a précisé Addouh. Par conséquent, le Conseil de sécurité est appelé « à prendre une décision ferme, courageuse et sévère à l’encontre du Maroc » nous déclare, hier, le chef des négociateurs du Front Polisario, Khatri Addouh, en marge de la cérémonie, organisée hier, par les responsables d’Alger-Centre à son honneur, auparavant dans la matinée, le responsable sahraoui a animé au Conseil de la nation, une conférence, sur le thème «la cause sahraouie et la légitimité internationale». Pour ce responsable le Conseil de sécurité outre qu’il doit faire preuve de responsabilité mais aussi assumer son rôle et ses responsabilités, car « Il est inconcevable voire incompréhensible d’accepter que le Maroc s’ approprie ses prérogatives du CS, en procédant à l’expulsion du personnel de la Minurso» a-t-il lancé, Rappelant, que « c’est aux membres du CS de déterminer le mandat et les missions assignées aux différentes missions de l’ONU dont celle du Sahara occidental, la Minurso » et en se donnant le droit, poursuit-il « d’expulser le personnel de la Minurso des territoires occupés du Sahara occidental», Le Maroc « a violé les prérogatives » du Conseil de sécurité et « s’est placé en position de hors la loi » sur la scène internationale. Rappelant plus loin, que le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon a affirmé qu’au stade actuel des choses « la Minurso ne peut jouer et assumer pleinement son rôle et ses missions », il a indiqué en ce sens « non seulement concernant, le cessez-le-feu mais aussi la préparation des conditions et des moyens pour l’organisation du référendum au Sahara occidental» a-t-il précisé. Au Conseil de sécurité, «à prendre toutes ces considérations et répondre au Maroc avec la manière qu’il comprenne» nous déclare Khatri, et ce, a-t-il précisé «en exerçant des pressions sur le Royaume chérifien pour l’amener à se conformer à la légalité internationale» dit-il. à notre question de savoir le message véhiculé par l’Armée de libération nationale du peuple sahraoui, en organisant ces derniers jours, des manœuvres militaires dans les territoires libérés du Sahara occidental, Khatri dira qu’elles « dans le cadre des programmes habituels de notre armée ». Et d’ajouter à ce propos « je vous rappelle que lorsque nous avons signé l’accord de cessez-le- feu avec le Maroc sous l’égide de l’ONU, 1991, pour la tenue du référendum, cela ne veut pas dire que nous avons déposer les armes» a-t-il souligné. Poursuivant, le responsable sahraoui fait savoir que « nous avons continué, depuis (1991 : ndlr) à consolider notre armée» avant d’indiquer que « celle-ci n’ a cessé de se préparer, se développer et de s’affermir pour répondre à toute éventuelle situation» nous a-t-il déclaré. Avant de conclure plus loin que « tant que le statut du Sahara occidental ne sera pas défini, à travers l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, via un référendum démocratique, juste et libre, nous continuerons » a-t-il rappelé « à être un mouvement de libération pour le parachèvement total de la souveraineté du peuple sahraoui et sa République démocratique arabe sur l’ensemble des territoires du Sahara occidental», a-t-il déclaré.
Karima Bennour