Marche à Alger

LE 14e VENDREDI DE MOBILISATION POPULAIRE ET CITOYENNE S’EST DÉROULÉ SOUS TENSION À ALGER : Dispositif policier monstre et arrestations de manifestants

Ce 14e vendredi de manifestation pacifique pour un changement radical du système politique en place a été marqué par une très forte mobilisation des citoyens. Les Algériens ont massivement investi, hier, les rues de la capitale Alger, réclamant un changement radical avec le départ de tous les symboles du système.

Ceci en dépit d’une forte répression exercée par les forces de l’ordre sur des manifestants pacifistes depuis la première heure de cette journée qui sentait une tension sécuritaire dans l’air.
Les rues d’Alger étaient noires de monde durant tout l’après-midi, soit après la prière du vendredi. De la Place-1er Mai à  la rue Hassiba, ou encore de Didouche Mourad à la Grande-Poste en passant par la place Audin, les manifestants se sont fortement mobilisés pour faire aboutir leurs revendications liées à «l’instauration d’un État de droit et d’un système démocratique et moderne». Le rejet de l’élection du 4 juillet prochain est revenu avec insistance dans les slogans des manifestants. Aussi, les manifestants ont réaffirmé leur attachement à un État civil et non militaire. Vers 16 heures de cette journée caractérisée par un dispositif sécuritaire monstre et des arrestations parmi les manifestants, les marcheurs ont gagné la Place des Martyrs qui était à ce moment là noire de monde.

«Le vote a été organisé le 22 février dernier»
La mobilisation pacifique des Algériens met déjà à mal le projet d’élections présidentielles annoncées pour le 4 juillet prochain, et fixées suivant le processus constitutionnel par le chef d’État par intérim, Abdelkader Bensalah. Prônant la mise en place d’une deuxième République, le mouvement populaire a rendu du coup cette élection improbable. «À moins d’être tenté par un absurde passage en force, le régime n’est plus en mesure d’organiser une élection avec sa seule base électorale qui ne dépasse pas dans les évaluations les plus optimistes les 15 à 20%. Pour moi le vote a été fait le 22 février dernier, et à chaque vendredi. Ils ont utilisé tous les moyens pour nous affaiblir, ils n’auront pas ce qu’ils veulent. C’est nous qui déciderons de notre avenir. La transition est en train de s’imposer, l’enjeu majeur est de ne pas lâcher le mouvement, on est presque arrivé à concrétiser nos revendications», dira un étudiant universitaire.

De nombreuses interpellations de manifestants
De nombreux manifestants ont été interpellés hier à Alger, lors du 14e vendredi de manifestation contre le système et ses symboles. La capitale était quadrillée par un important dispositif policier, renforcé durant toute la journée d’hier. Des renforts plus importants par rapport à la semaine passée ont été en effet déployés dans toute la capitale. Des piétons portant des sac-à-dos sont fouillés systématiquement ou presque. Tandis que, ceux qui sont munis d’un drapeau national ou d’une pancarte sont interpellés, aussi paradoxalement que cela puisse paraître.
Med Wali