Le général Amir Hatami, commandant en chef de l’armée iranienne, a averti mercredi que son pays réagirait si les propos hostiles de ses « ennemis » persistaient, selon l’agence de presse officielle IRNA. Il a dit que l’Iran considérait l’escalade des propos hostiles à l’encontre de la nation iranienne comme une menace et qu’il ne laisserait pas cela sans réponse.
Le président américain Donald Trump s’est exprimé à deux reprises ces derniers jours sur les manifestations qui secouent actuellement l’Iran, affirmant que les Etats-Unis prendraient des mesures si l’Iran « tuait des manifestants pacifiques ». En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré mercredi que les affaires intérieures de l’Iran ne concernaient que son propre peuple, soulignant que le gouvernement et la population étaient engagés dans un dialogue. M. Hatami a souligné que les forces armées iraniennes étaient en état d’alerte maximale, avertissant que toute erreur de calcul de la part des « ennemis » déclencherait une riposte plus décisive que les actions menées par l’Iran pendant la guerre de 12 jours en juin dernier. Commentant les troubles récents, il a estimé que les manifestations sont un phénomène naturel dans n’importe quel pays, mais que leur transformation rapide en émeutes était « inhabituelle » et « sans aucun doute planifiée par les ennemis ». Amir Hatami a également qualifié les sanctions occidentales contre l’Iran de « cruelles », accusant les adversaires de l’Iran de créer délibérément des difficultés économiques afin de nuire au peuple iranien. Des manifestations ont éclaté depuis fin décembre dans plusieurs villes iraniennes en raison de la forte dépréciation de la monnaie nationale, le rial. Les autorités ont reconnu l’existence de ces griefs économiques et assuré qu’elles s’efforçaient d’y remédier, tout en mettant en garde contre la violence, le vandalisme et les troubles. Pour sa part, Ali Larijani, conseiller du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait également mis en garde le président américain : « Toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains », avait-il averti, soulignant que « la sécurité de l’Iran est une ligne rouge ». Pour Ali Shamkhani, un autre conseiller du Guide suprême, a déclaré, vendredi 2 janvier, que toute intervention américaine en Iran constituerait une « ligne rouge » et serait suivie d’une « riposte », en réaction à une déclaration de Donald Trump assurant que les Etats-Unis pourraient venir « au secours » des manifestants iraniens.
R. I.












































