Le drainage des investissements ne suffit plus : leur concrétisation, la création de la valeur ajoutée et le renforcement des liens avec l’économie nationale constituent désormais des critères essentiels pour mesurer leur efficacité. C’est dans cette perspective que le directeur général de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI), Omar Rekkache, a mis en avant l’expérience algérienne en matière de réforme du système d’investissement et de développement des mécanismes d’accompagnement des projets, lors d’une table ronde de haut niveau organisée dans le cadre du Forum mondial de l’investissement 2026 à Doha. Intervenant à cette occasion, Rekkache a souligné que les profondes mutations de l’investissement mondial imposent des défis qui dépassent la simple attraction des investisseurs, pour englober la concrétisation des projets et la mise en place d’écosystèmes productifs intégrés. Dans ce contexte, il a mis en avant la complémentarité des rôles entre les institutions algériennes chargées de l’investissement. L’AAPI est ainsi chargée de promouvoir la destination Algérie, de cibler les investisseurs et de développer les partenariats, tandis que le Guichet unique national de l’investissement assure le traitement des procédures et des décisions liées aux projets.
Des ZES intégrées à l’économie nationale
Abordant la question des zones économiques spéciales (ZES), Rekkache a souligné l’importance de leur développement en tant qu’écosystèmes productifs intégrés, reposant sur les infrastructures, l’énergie, les services logistiques et les compétences humaines, tout en étant connectés aux fournisseurs locaux, aux chaînes de valeur et aux marchés internationaux. Selon lui, la réussite de ces zones ne se mesure pas uniquement à leur capacité à attirer des investissements. Elle repose également sur le renforcement de leurs liens avec l’économie nationale, le développement de la sous-traitance locale, le transfert de technologie, l’augmentation des exportations et la diversification de la production.
Des indicateurs axés sur les résultats concrets
Le responsable a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de revoir les critères d’évaluation de la performance des agences de promotion de l’investissement. Il a estimé que le nombre de projets enregistrés et le volume des investissements annoncés, bien qu’importants, ne suffisent pas à mesurer les résultats réels. L’évaluation doit également prendre en compte les projets effectivement entrés en phase de production, la valeur ajoutée créée, les emplois générés, le transfert technologique et le développement des exportations. À souligner que cette table ronde intitulée « Accompagner une nouvelle ère d’investissement : le rôle des agences de promotion de l’investissement et des zones économiques spéciales », tenue dans le cadre des travaux du Forum mondial de l’investissement 2026 (25-27 octobre), a Doha, Qatar, a été co-organisée par la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Association mondiale des agences de promotion des investissements (WAIPA), l’Alliance mondiale des zones économiques spéciales (GASEZ) et l’Agence de promotion de l’investissement du Qatar (Invest Qatar), dans le but d’échanger les expertises pour renforcer les capacités des agences de promotion et des ZES à attirer les investissements et à préserver leur compétitivité face aux mutations de l’investissement mondial. La rencontre a, par ailleurs, abordé les opportunités d’attraction des investissements directs étrangers (IDE) liés à l’intelligence artificielle, ainsi que les moyens d’exploiter cette technologie pour optimiser la performance des agences de promotion de l’investissement et des ZES et améliorer les services proposés aux investisseurs.
Sarah O.




