Entrement chouhada

Inhumés hier au carré des martyrs à El-Alia : L’Algérie rend un ultime hommage aux pionniers de la résistance populaire

L’Algérie a rendu hier un ultime hommage national aux 24 résistants à la colonisation française, dont les crânes ont été rapatriés vendredi de France, et enterrés hier à l’occasion du 58ème anniversaire de la fête de l’indépendance et de la Jeunesse.
Au Palais de la culture, où les cercueils portant les restes mortuaires des 24 chefs de la Résistance populaire étaient exposés durant la journée du samedi au public pour un dernier hommage, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, le visage grave, a déposé une gerbe de fleurs et récité la Fatiha devant les cercueils, drapés de l’emblème national, sur fond d’intonations de musique militaire. Auparavant, Tebboune s’était recueilli au sanctuaire des Martyrs (Alger), à la mémoire des martyrs de la glorieuse Guerre de libération nationale, et ce, à l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire de l’indépendance du pays. Après avoir salué un détachement de la Garde républicaine qui lui a rendu les honneurs, le président Tebboune, qui était accompagné de hauts responsables de l’État et de l’Armée, a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative et récité la Fatiha à la mémoire des martyrs de la Guerre de libération nationale. Les cercueils des pionniers de la résistance contre l’invasion coloniale française, portés par des élèves officiers de l’ANP, ont ensuite quitté le Palais de la culture pour rejoindre le cimetière d’El-Alia, où ils ont été inhumés, au carré des Martyrs, auprès de leurs compagnons de lutte. Tout au long du convoi funéraire dans les rues d’Alger, suivi du cortège présidentiel, les Algériens leur ont rendu un dernier hommage. Vers la fin de la matinée d’hier, les dépouilles, contenant les restes funéraires séquestrés par la France plus d’un siècle durant, ont été inhumées, en présence du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, de hauts responsables de l’État et de l’Armée, et des membres du gouvernement. Lors d’une oraison funèbre, le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Tayeb Zitouni, a rendu un vibrant hommage au combat libérateur de ces premiers résistants à la colonisation française dont les restes, des crânes pour la plupart, ont été séquestrés plus d’un siècle et demi dans un musée parisien. Le ministre des Moudjahidine s’est félicité à l’occasion de l’aboutissement d’un long processus de rapatriement de ces valeureux résistants à la soldatesque française durant le 19e siècle. À l’issue de la cérémonie funèbre, le président de la République a offert les drapeaux qui enveloppaient les cercueils contenant les restes mortuaires à des membres des écoles de Cadets de la Nation, dans un geste symbolique qui illustre la continuité intergénérationnelle, en vue de protéger et défendre l’Algérie. Il a déposé, par la suite, une gerbe de fleurs à proximité des tombes des martyrs de la résistance, puis a lu la Fatiha à la mémoire de leurs âmes vertueuses. La veille, samedi, un hommage public a été rendu, une journée durant, par de nombreux citoyens, venus de plusieurs wilayas du pays se recueillir sur la mémoire de ces valeureux combattants. Rapatriés vendredi à Alger à bord d’un avion militaire des Forces armées en provenance de France, les restes mortuaires, conservés depuis plus d’un siècle et demi au Muséum d’Histoire naturelle de Paris, sont ceux notamment de Mohammed Lamjad ben Abdelmalek, dit Chérif Boubeghla, Cheikh Ahmed Bouziane, chef de l’insurrection de Zaatcha, Cherif Bou Amar Ben Kedida, Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui et d’autres de leurs frères, dont un jeune résistant d’à peine 18 ans de la tribu de Beni Menasser, nommé Mohamed Ben  Hadj.

Une célébration en grande pompe
La fête de l’Indépendance et de la Jeunesse a été célébrée cette année comme un des moments forts de l’Histoire de la Nation. En plus de commémorer 58 années de l’affranchissement de la colonisation française, à l’issue d’une guerre d’Indépendance longue et meurtrière, l’Algérie a rendu hommage à des héros qui ont été les pionniers de la résistance contre l’occupant colonial, à travers le rapatriement de leurs restes mortuaires. Pour fêter le retour posthume de ceux qui furent les pères historiques de la résistance populaire, dont les crânes ont été volés par le colonisateur et conservés au Musée d’histoire naturelle de Paris depuis 1880, les autorités ont organisé une cérémonie solennelle, en grande pompe, pour honorer leur mémoire. C’est dans l’après-midi de la journée de vendredi dernier qu’a atterri, à l’aéroport international Houari-Boumediene à Alger, l’avion militaire (C-130) des forces aériennes de l’ANP, transportant les 24 cercueils, escorté par des avions de chasse (sukhoï 30), en provenance de France. Dans l’attente des cercueils des résistants algériens, sur le tarmac et à l’entrée du salon d’honneur de l’aéroport international d’Alger, avaient pris place les hauts cadres d’institutions civiles et militaires du pays, à leur tête le président de la République, Chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, Abdelmadjid Tebboune. Recouverts de l’emblème national, les cercueils ont été extraits de l’avion et portés par des éléments de l’ANP jusqu’au Salon d’honneur de l’aéroport, où le président Tebboune, mine grave et solennelle devant ces circonstances, et des hauts cadres de la Nation se sont recueillis à leur mémoire. Jeudi dernier, le président de la République avait annoncé qu’il s’agit d’une première étape de rapatriement des restes mortuaires des résistants algériens, en faisant part de la détermination de l’État de poursuivre cette opération jusqu’au rapatriement de l’ensemble des restes des résistants algériens, pour qu’ils soient enterrés sur la terre pour laquelle ils se sont sacrifiés.
Hamid Mecheri