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IL ADOPTE UNE RÉSOLUTION APPUYANT LE PROCESSUS DE DÉCOLONISATION DU SAHARA OCCIDENTAL : Le Congrès espagnol rejette la décision de Sanchez

En décidant, mars dernier, de façon abrupte, de s’aligner sur les thèses marocaines au Sahara occidental et leur plan d’autonomie, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, s’est jeté en plein dans la gueule.

Outre le fait que ce revirement a cassé une vieille tradition consensuelle en Espagne qui courait depuis 1975, Sanchez n’a pas pris la mesure de sonder l’écrasante majorité des forces politiques et de la société civile acquises en faveur de l’autodétermination du peuple sahraoui. Le Congrès espagnol vient de lui faire subir un vrai camouflet, en votant une résolution contre le plan de d’autonomie du Makhzen et en soutien à l’autodétermination de la dernière colonie en Afrique. En effet, ce jeudi, le Congrès espagnol a asséné une véritable raclée à Pedro Sanchez en adoptant une résolution réaffirmant la nécessité de réaliser le processus de décolonisation du Sahara occidental, dans le respect strict de la légalité internationale dans le cadre des résolutions onusiennes, selon un communiqué du Parlement repris par l’APS.
Pour la deuxième fois en moins de deux mois, le Congrès espagnol a exprimé son rejet de la décision du Premier ministre, Pedro Sanchez, d’adhérer au pseudo plan d’ »autonomie » du Makhzen sur le dossier du Sahara occidental. Ainsi, le Parlement a rappelé qu’il restait sur la ligne historique de l’Espagne, insistant sur le processus de décolonisation du Sahara occidental dans le cadre des résolutions de l’ONU, souligne le communiqué.
Le texte exhorte le gouvernement à « réaffirmer la nécessité de conclure le processus de décolonisation du Sahara occidental, dans le respect scrupuleux de la légalité internationale, dans le cadre des résolutions de l’ONU ».
Il convient de rappeler que le 7 avril dernier, les parlementaires espagnols avaient rejeté le revirement de position de Madrid en faveur du Maroc, et accusé Pedro Sanchez d’avoir abandonné une position historique de neutralité à l’égard du conflit. En conséquence, ils avaient approuvé une proposition non-législative soumise par trois blocs parlementaires dénonçant le revirement de position « unilatéral et illégal » de Sanchez concernant le dossier sahraoui. À travers cette motion de soutien au peuple sahraoui, le Parlement espagnol avait appelé à « corriger » cette position et à « appuyer » les résolutions onusiennes devant permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit absolu à l’autodétermination.
C’est ainsi qu’au cours d’intenses débats sur le Sahara occidental, les groupes parlementaires avaient dénoncé énergiquement la position défendue par Pedro Sanchez, la qualifiant de « trahison » du peuple sahraoui. En outre, ils avaient exigé qu’il transmette un message « clair » au roi du Maroc, Mohamed VI, que « le seul cadre que l’Espagne puisse défendre est celui de la légalité internationale soutenant le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination ».
À la lumière de cette position réaffirmée sur la question sahraouie, force est de constater que le fossé ne fait que se creuser davantage entre le Parlement espagnol et l’actuel Premier ministre. Pedro Sanchez est plus que jamais acculé.
Farid Guellil