Des manifestations de solidarité ont été organisées ce week-end dans plusieurs capitales européennes pour dénoncer, à la fois, la poursuite des attaques sionistes contre Ghaza malgré l’annonce d’un cessez-le-feu, et l’intervention militaire américaine au Vénézuela ayant conduit au kidnapping du président Nicolás Maduro. De Stockholm à Madrid, en passant par Amsterdam, les protestataires ont exprimé leur rejet des ingérences militaires et appelé au respect du droit international et de la souveraineté des peuples.
Dans la capitale suédoise, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi sur la place Odenplan, répondant à l’appel de diverses organisations de la société civile. Les manifestants ont dénoncé la poursuite des attaques sionistes à Ghaza ainsi que les récentes frappes américaines contre le Venezuela. Les participants brandissaient des pancartes aux messages explicites : « Des enfants sont tués à Ghaza », « Mettons fin aux pénuries alimentaires en Palestine », « Non à la guerre au Venezuela » ou encore « Le pétrole du Venezuela appartient au Venezuela ». Autant de slogans appelant à la fin des interventions militaires et à la reconnaissance des droits des peuples palestinien et vénézuélien. Présent à la manifestation, l’activiste juif suédois Dror Feiler a déclaré à l’agence Anadolu que les manifestants condamnaient fermement les attaques menées par Israël contre Ghaza, en dépit des appels internationaux à la paix. Évoquant le rôle des États-Unis, il a estimé que Washington poursuivait une politique systématique de renversement des gouvernements qui ne servent pas ses intérêts. « Les Américains font ce qu’ils ont toujours fait : ils tentent de renverser les régimes qui refusent de se laisser diriger par eux », a-t-il affirmé, établissant un parallèle direct entre la situation en Palestine et l’implication américaine au Venezuela. « La cause palestinienne est notre cause, tout comme celle du peuple vénézuélien », a-t-il ajouté. Qualifiant la présence sioniste à Ghaza, au Liban et sur le plateau syrien du Golan d’« occupation illégale », Dror Feiler a insisté sur l’importance du respect de la souveraineté des États.
« Que l’on apprécie ou non la politique de Maduro n’a aucune importance. Il est le président élu d’un pays. Personne n’a le droit d’entrer dans un État et de capturer son président, tout comme Israël n’a aucun droit de décider qui gouverne Ghaza ou le Liban », a-t-il déclaré, concluant par un appel clair : « Nous devons rétablir le droit international.»
À Madrid, dénonciation d’une « agression impérialiste »
En Espagne, près d’un millier de manifestants se sont rassemblés dimanche matin devant l’ambassade des États-Unis à Madrid pour dénoncer ce qu’ils ont qualifié d’« agression impérialiste » contre le Venezuela. Cette mobilisation est intervenue au lendemain de l’opération militaire américaine ayant conduit à l’arrestation du président Nicolás Maduro et de son épouse, après des frappes aériennes sur Caracas et ses environs. De nombreuses pancartes représentaient notamment le président américain Donald Trump avalant un bidon de pétrole aux couleurs du drapeau vénézuélien. D’autres messages tels que « Trump agresseur » ou « Non à l’agression impérialiste contre le Venezuela » étaient visibles parmi les drapeaux vénézuéliens agités devant l’ambassade. Plusieurs drapeaux du parti espagnol Podemos ainsi que du Parti communiste espagnol ont également été aperçus, illustrant l’implication de formations politiques de gauche dans cette mobilisation. Selon les autorités américaines, Nicolás Maduro est désormais incarcéré dans une prison de New York, dans l’attente de sa comparution devant un juge pour des accusations de « narcoterrorisme » et d’importation de cocaïne aux États-Unis. Donald Trump a, de son côté, affirmé que son pays allait « diriger » la transition politique au Venezuela et exploiter ses vastes réserves de pétrole, des déclarations qui ont renforcé les accusations de motivations économiques derrière l’intervention militaire.
Réactions politiques et protestations aux Pays-Bas
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a condamné samedi une intervention qu’il a qualifiée de « violation du droit international », estimant qu’elle poussait la région vers « un horizon d’incertitude et de bellicisme ». Il a appelé à une transition « juste et dans le dialogue ». Dimanche, il a réitéré cette position dans une lettre adressée aux militants du Parti socialiste espagnol, dénonçant « la récente violation du droit international au Venezuela ». Aux Pays-Bas, plusieurs centaines de personnes ont également manifesté dimanche à la mi-journée devant le consulat des États-Unis à Amsterdam. Les protestataires brandissaient des pancartes telles que « Yankee go home », « Stop killing for oil » ou encore « Stop Trump’s fossil army ». Cette mobilisation répondait à l’appel de plusieurs organisations pacifistes et antifascistes. Ces manifestations simultanées à travers l’Europe traduisent une montée de la contestation internationale contre les interventions militaires, la logique de domination géopolitique et l’impunité face aux violations répétées du droit international, que ce soit à Ghaza ou au Venezuela.
M. Seghilani












































