Makri

Gouvernement : Quand Makri veut régner sans partage !

De tous les chefs de partis politiques qui se sont succédés au palais d’El Mouradia depuis une semaine, le chef du MSP, Abderrezak Makri, était celui qui a placé la barre « trop » haute à travers ses ambitions pour le moins démesurées dans l’entrée au Gouvernement. Au sortir de l’audience que lui a accordé le président Tebboune dimanche dernier, Makri a, dans un premier temps, s’est réservé le droit de ne pas montrer ses cartes dès le départ. Toutefois, en affirmant que la rencontre avec le chef de l’État était à la fois « longue, riche et bénéfique », le leader de la mouvance islamiste a tenté de faire croire qu’il « jouissait » des grâces présidentielles pour une troisième force politique à la nouvelle Assemblée. Pas que, puisque Makri a affirmé avoir convenu avec le locataire d’El Mouradia de « rester en contact » en vue de la formation du Gouvernement. Ce qui fait bien croire que durant ces deux jours précédents, Makri a tenté d’imposer ses choix non pas pour figurer dans le staff gouvernemental, mais pour s’en emparer en entier. Rien que ça ! Makri est-il à ce point aveuglé par ses ambitions disproportionnées, et feint d’ignorer qu’il revient au chef de l’État de désigner son gouvernement dans la mesure où la majorité découlant de l’APN n’est pas parlementaire ? Hier, en déclarant solennellement son refus d’intégrer le gouvernement comme réponse au président de la République qui lui a soumis cette proposition, le MSP aurait pu passer inaperçu. Seulement, en conférence de presse, Makri, qui dit chercher à être « dans le pouvoir » et non pas « la vitrine du pouvoir », est rattrapé par sa politique contraire au jeu démocratique. « Moi ou rien ! », voilà pour résumer un peu l’état d’esprit qui anime le chef du parti islamiste.
F. G.