Cette année, L’Aid à Ghaza se déroule dans un contexte de souffrance et de destruction, alors que les habitants continuent de subir les conséquences des attaques sionistes malgré le cessez-le-feu.
Selon l’Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), les frappes aériennes, le bombardement et les tirs persistent, rendant l’accès aux hôpitaux, aux installations de l’ONU, aux bâtiments publics et aux terres agricoles extrêmement difficile. L’UNRWA rappelle que « l’impunité ne peut devenir la norme » et que « les guerres ont des règles qui doivent être respectées ».
À Ghaza, plus de 2,3 millions de Palestiniens vivent sous le poids du conflit, dans un quotidien marqué par le déplacement, la destruction et la perte d’êtres chers. Les préparatifs traditionnels de l’Aïd, tels que l’achat de vêtements, la décoration des rues et les rassemblements familiaux, ont été profondément bouleversés. Les marchés restent calmes et de nombreuses familles célèbrent l’Aïd depuis des abris ou des écoles surpeuplées, loin de leurs maisons détruites ou endommagées. Malgré la guerre et la détresse, les habitants tentent de préserver l’esprit de l’Aïd. L’achat de pâtisseries, de friandises et de quelques cadeaux modestes permet d’apporter un semblant de joie aux enfants et aux adultes. Pour beaucoup, cette célébration est devenue un acte de résilience face aux horreurs vécues. Parmi les témoignages recueillis, celui de Mme Mariam Salama (65 ans) illustre la tragédie qui touche de nombreuses familles : « Nous célébrons l’Aïd avec des blessures profondes et un immense chagrin, mais l’espoir demeure pour un avenir meilleur pour nos enfants et nos jeunes ». De même, le citoyen Ayman Mzaza évoque « le désir que la guerre cesse pour que les habitants de Ghaza retrouvent leur joie et tout ce qu’ils ont perdu ». Abu Yasser Sarour et Fidaa Abu Mghasib, habitants vivant dans des tentes, racontent que les rituels collectifs de l’Aïd ont été réduits au strict minimum, les visites et les préparatifs traditionnels étant presque impossibles.
Les enfants, malgré leur adaptabilité, ressentent fortement cette différence, et la traditionnelle ‘Eidiya’ se transforme en simples gestes symboliques : un petit chocolat, quelques bonbons ou un jouet modeste. Selon Ibrahim Maqbal, directeur du Centre médiatique palestinien à Ghaza, « la joie de l’Aid reste incomplète face au nombre élevé d’orphelins, d’enfants privés de leurs parents et de nombreux blessés ». Rami Shaldout et d’autres habitants soulignent que « l’Aïd arrive cette année avec des rues vides de décorations et des visages fatigués qui essaient de sourire malgré la douleur ». Depuis l’accord conclu par le Hamas en octobre dernier pour mettre fin à la guerre d’extermination à Ghaza et permettre l’entrée de l’aide humanitaire et l’échange de prisonniers, l’occupation israélienne a continué de violer le cessez-le-feu, faisant depuis le 10 octobre 677 morts et 1 813 blessés supplémentaires. Les chiffres officiels révèlent que, depuis le 7 octobre 2023, plus de 72 249 Palestiniens ont été tués et 171 898 blessés à Ghaza, la majorité étant des femmes et des enfants. Dans la dernière journée, deux personnes ont été tuées et 20 blessées, tandis que de nombreuses victimes restent coincées sous les décombres, inaccessibles aux équipes de secours et de protection civile. À travers cette tragédie, les habitants de Ghaza continuent de célébrer l’Aïd non pas comme un simple jour de fête, mais comme un acte de résistance et de survie, refusant de laisser la guerre effacer totalement l’espoir et la mémoire des moments de joie.
Infrastructures détruites et eau potable presque inexistante
La situation à Ghaza atteint un niveau critique, la population étant confrontée à une grave crise de l’eau qui met en danger la vie de près de 2,3 millions de personnes. L’Autorité palestinienne de l’eau et de la qualité environnementale a lancé un avertissement ce dimanche, appelant la communauté internationale à intervenir rapidement pour réhabiliter les infrastructures hydrauliques, assurer l’approvisionnement en carburant et garantir l’accès à l’eau potable. Selon l’autorité, la guerre dévastatrice entre 2023 et 2025 a entraîné une détérioration massive des services d’eau et d’assainissement, privant la population de ressources vitales. Les femmes et les filles passent entre 6 et 8 heures par jour à collecter de petites quantités d’eau, impactant leur sécurité, leur santé et leur éducation. La réhabilitation complète des infrastructures coûterait environ 800 millions de dollars, selon les rapports techniques émanant de l’autorité, des municipalités côtières et des organismes internationaux. La production d’eau est passée de 300 000 m³ par jour avant la guerre à moins de 120 000 m³ en février 2026, soit un déficit de plus de 60 %. Près de 85 % des installations d’eau et d’assainissement sont détruites, avec 67 % des puits municipaux et 85 % des stations de dessalement hors service, et plus de 120 km de conduites principales détruites.
Les pertes en eau dans les réseaux atteignent 70 %, et 80 % du système d’assainissement est hors service, entraînant le rejet d’eaux usées et la création de plus de 25 000 fosses d’absorption qui menacent les nappes phréatiques. L’apport quotidien en eau par habitant oscille entre 3 et 15 litres, dont la majorité est saumâtre ; l’eau potable disponible ne dépasse pas 2 litres par personne, en deçà des standards d’urgence de l’OMS. L’autorité appelle la communauté internationale à agir immédiatement, notamment en permettant l’introduction de carburant, de générateurs, de chlore, de pièces détachées et d’équipements de réparation, ainsi qu’en déployant des stations de dessalement mobiles et en déclarant Ghaza « zone sinistrée hydriquement ». Elle rappelle que l’eau est un droit humain et avertit que la privation prolongée d’eau potable aggrave la crise humanitaire.
M. Seghilani












































