L a bande de Ghaza continue de subir des violences malgré le cessez-lefeu en vigueur depuis le 10 octobre 2025. Hier, deux Palestiniens ont été blessés par des tirs de l’armée sioniste à Khan Younès, dont une fillette et un homme âgé, selon des sources médicales locales. Les forces sionistes ont également procédé à la démolition de plusieurs bâtiments résidentiels et ont mené des frappes aériennes sur la ville de Rafah, au sud de l’enclave, ainsi que sur des zones à l’est de Ghaza-ville. Des témoins ont décrit des tirs aléatoires intensifs, touchant l’est de Khan Younès, le camp de réfugiés de Bureij et le quartier d’Al-Zaytoun. Ces opérations militaires ont accentué la peur parmi la population civile et entravent le travail des équipes de secours et des services d’urgence, confrontés à des rues jonchées de décombres et de victimes coincées sous les bâtiments effondrés. Depuis la mise en place du cessez-le-feu, l’armée sioniste a commis des centaines de violations, provoquant la mort de 591 personnes et blessant 1 598 autres. Le conflit initial, déclenché le 8 octobre 2023, avait duré deux ans et entraîné plus de 72 000 morts et 171 000 blessés parmi les Palestiniens. La destruction des infrastructures civiles a été massive : 90 % des bâtiments, écoles, hôpitaux et installations essentielles ont été endommagés ou détruits, pour un coût estimé à 70 milliards de dollars par l’ONU. Parallèlement à la violence, la bande de Ghaza est confrontée à une contamination explosive sans précédent. Plus de 200 évaluations des risques liés aux engins explosifs ont été réalisées la semaine dernière, alors que près de 70 millions de tonnes de gravats recouvrent l’enclave. Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’ONU, a indiqué que ces opérations visent à faciliter le déblaiement des débris et à sécuriser les mouvements humanitaires. Plus de 10 000 enfants et adultes ont également été sensibilisés aux dangers des munitions non explosées, qui continuent de provoquer des accidents : 33 incidents depuis le cessez-le-feu ont fait neuf morts et 65 blessés supplémentaires. Ali Shath, président de la Commission nationale palestinienne pour la gestion de Ghaza, a déclaré que « la priorité est de garantir le flux des aides humanitaires sans entrave et de lancer la reconstruction ». La commission s’apprête à prendre en charge les institutions locales pour gérer le territoire de manière transitoire, une étape qualifiée de cruciale pour assurer un redémarrage progressif des services essentiels et de l’administration. Dans les dernières 24 heures, les hôpitaux de Ghaza ont accueilli 15 blessés, tandis que deux corps ont été récupérés. De nombreuses victimes restent coincées sous les décombres ou bloquées dans les rues, inaccessibles pour les équipes de secours. Les restrictions imposées à certaines ONG et agences de l’ONU compliquent encore davantage l’acheminement de l’aide et la reconstruction, alors que la population tente de survivre dans des conditions extrêmement précaires. La situation reste donc critique, et les observateurs craignent que la combinaison des violations du cessez-le-feu, des risques d’explosifs non désamorcés et de l’effondrement des infrastructures ne provoque une nouvelle vague de victimes civiles, renforçant l’urgence d’une intervention humanitaire coordonnée et massive.
M.S.










































