Selon les données obtenues par The Objective, journal numérique indépendant et généraliste basé en Espagne, cité par d’autres médias, l’Algérie s’est désengagée de la banque espagnole Aresbank, un établissement qui dessert principalement des entreprises opérant en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. De ce fait, l’État libyen en est devenu l’unique actionnaire. La même source indique que ce changement de structure de propriété a été enregistré fin juillet, alors que la banque est en pleine croissance et expansion ; en 2025, elle a clôturé l’exercice avec un bénéfice record de 16 millions d’euros, en hausse de 21 % par rapport à 2024. La banque publique Crédit Populaire d’Algérie (CPA) détenait une participation minoritaire de seulement 0,14 %, les 99,86 % restants étaient détenus par la Banque étrangère libyenne, également publique, précise The Objective.
La source espagnole relève que le retrait de l’Algérie d’Aresbank intervient alors que les relations bilatérales avec l’Espagne se rétablissent après la grave crise diplomatique qui a débuté en 2022 suite au soutien apporté par le gouvernement de Pedro Sánchez au plan d’autonomie du Maroc pour le Sahara occidental. Elle fait observer que le conflit était considéré comme résolu après la visite du président espagnol à Alger à la mi-juillet. Le média espagnol rappelle ce qu’est Aresbank : une petite banque fondée en 1975 ; son activité est axée sur le commerce international, principalement entre l’Espagne et le monde arabe, et sur les opérations sur le marché interbancaire ; son portefeuille de prêts est resté stable l’an dernier, à 733,3 millions d’euros ; cependant, le nombre de transactions gérées a augmenté de 25 % malgré les tensions géopolitiques et l’incertitude politique. En outre, Aresbank prévoit de développer de nouvelles activités, notamment le lancement de solutions de banque islamique. Ce type de banque interdit la perception d’intérêts et la spéculation financière. Récemment, dans le cadre de son engagement à conquérir de nouveaux marchés, elle a ouvert un bureau à Valence, venant s’ajouter à ses agences existantes à Madrid, Barcelone et Bilbao. Actuellement, l’entité espagnole à capitaux libyens est engagée dans un plan triennal visant à élargir sa gamme de produits et services et à étendre ses activités sur l’ensemble du territoire espagnol. Autres informations données par la source espagnole : Aresbank fait partie du conglomérat financier libyen présent à l’étranger via sa filiale internationale, Libyan Foreign Bank. Ce groupe est implanté dans d’autres pays, notamment avec British Arab Commercial Bank au Royaume-Uni, Banca UBAE en Italie, Bank Chinguitty en Mauritanie et Tropical Bank en Ouganda. La Libyan Foreign Bank a été fondée au début des années 1970 pour dynamiser le commerce entre les pays arabes et le reste du monde. Elle figure parmi les plus importants groupes financiers d’Afrique et du Moyen-Orient, avec un bénéfice annuel d’environ 400 millions d’euros. La même source fournit des données sur le commerce extérieur de l’Espagne avec la Libye et avec l’Algérie. L’Espagne représente une opportunité majeure pour la Libye, étant l’un de ses principaux clients en gaz et en pétrole. Les importations en provenance de Libye s’élèvent à environ 2,5 milliards d’euros. En revanche, l’Espagne n’exporte que 350 millions d’euros de biens et services vers la Libye. Concernant l’Algérie, c’est est un pays fournisseur essentiel de gaz naturel via l’infrastructure de Medgaz.
Les importations espagnoles atteignent 6 milliards d’euros, tandis que les exportations avoisinent les 900 millions d’euros. Ce chiffre pourrait augmenter maintenant que la crise diplomatique est résolue. La même source rappelle que, depuis novembre 2024, les institutions financières algériennes autorisent les prélèvements automatiques pour les échanges commerciaux avec les entreprises espagnoles.
M. R.

