La crainte des répercussions d’un déménagement des bases américaines en Espagne vers le Maroc fait réagir la classe politique espagnole qui affirme que les villes autonomes de Ceuta et Mellila est une limite infranchissable.
La guerre au Proche et Moyen-Orient et l’éventualité d’une réorganisation de la carte de la présence des bases des USA dans cette région du monde et dans le sud de la mer méditerranée notamment en Espagne et en Italie, fait débat dans le royaume espagnol dont le Premier ministre avait clairement refusé l’utilisation par les États-Unis, des bases et de l’espace aérien de son pays dans son agression contre l’Iran.
Aujourd’hui et alors que sous la direction du président Trump, l’avenir de l’Otan n’est plus un sujet tabou, l’Espagne veut prendre les devants en étudiant tous les scénarios possibles qui pourraient avoir un impact sur son intégrité territoriale ou sur son statut de pays pivot dans l’espace de l’Union européenne. Le président Trump avait sévèrement critiqué la position du gouvernement de Pedro Sanchez qui s’est montré respectueux du droit international en refusant de soutenir l’intervention américaine ou de permettre l’utilisation de son territoire ou de son espace aérien dans ce conflit. Il avait même menacé l’Espagne de représailles et avait même agité l’éventualité d’un retrait des USA de l’Otan ; ce qui signifierait la mort de cette alliance. L’éventualité d’un déplacement des bases américaines actuellement en Espagne a fait réagir plusieurs analystes et partis politiques espagnols qui estiment que cela pourrait constituer une menace sur l’intégrité territoriale du Royaume qui pourrait voir ses enclaves, Ceuta et Mellila, subir des tentatives d’invasion de l’armée marocaine. Il faut préciser, dans ce cadre, que le président Trump et le Pentagone ont lancé une réflexion sur un profond redéploiement des bases américaines dans le monde. Les frappes iraniennes contre les installations des USA dans le Golfe et l’éventualité d’un déménagement de ces bases en Palestine occupée semble être une option retenue. Et en Europe, les consultations entre le président Trump et l’État-major de son armée sont lancées. On parle d’une nouvelle carte qui ne comprendrait pas l’Italie, l’Espagne, Chypre, et la Grèce.
Et aujourd’hui, la possible reconfiguration du déploiement militaire américain au sein de l’OTAN a suscité des inquiétudes en Espagne, notamment en raison de ses implications pour Ceuta et Mellila. Au-delà du débat sur le maintien ou non des bases américaines en territoire espagnol, les analystes avertissent qu’un éventuel transfert de ces infrastructures au Maroc pourrait modifier l’équilibre stratégique en Afrique du Nord. La possibilité d’un retrait des bases militaires américaines d’Espagne dans le cadre de l’OTAN a repris de l’ampleur suite aux dernières déclarations de Donald Trump , qui insiste sur la nécessité de repenser le rôle de son pays au sein de l’Alliance atlantique. Ses critiques à l’égard de ses partenaires européens, qu’il accuse de ne pas contribuer suffisamment à la défense, ouvrent la porte à d’éventuelles représailles qui affecteraient directement des pays comme l’Espagne ou l’Allemagne. Ce scénario a été analysé dans l’émission La Linterna de COPE, dont la station à Ceuta fait partie du Grupo Faro , où différents experts ont analysé les implications politiques, militaires et stratégiques d’un éventuel retrait des bases américaines du territoire espagnol. Au-delà de la faisabilité concrète d’un retrait officiel des États-Unis de l’OTAN, le débat porte sur les conséquences pratiques qui pourraient découler de décisions unilatérales.
Et que se passerait-il si les bases américaines étaient déplacées au Maroc ? Cette éventuelle décision aurait des conséquences directes pour l’Espagne, notamment en ce qui concerne la sécurité et la stabilité de Ceuta et Mellila. Des analystes ont lancé un avertissement qui résume bien la préoccupation sous-jacente : « S’ils partent d’ici pour le Maroc, méfiez-vous des conséquences, et dans 15 ans, ce sera au tour de Ceuta et Mellila ». Cette réflexion laisse entrevoir un scénario à moyen et long terme où l’équilibre stratégique pourrait être profondément bouleversé. Malgré la pertinence de ces hypothèses, les analystes ont également souligné la complexité juridique d’un retrait total des États-Unis de l’OTAN. La législation américaine exige une majorité qualifiée à la Chambre des représentants et au Sénat, un soutien politique qui n’est pas garanti dans le contexte actuel. Il faut rappeler également que cette éventualité a été évoquée par des partis politiques marocains qui ont estimé que le royaume devrait encourager les USA à augmenter leur présence au Maroc moyennant un soutien dans la tentative de récupération les enclaves de Ceuta et Mellila. D’ailleurs, une campagne de propagande est lancée via une cohorte de mouches électroniques pour tenter de gagner des ralliements à cette trouvaille du Makhzen. L’éventualité du transfert de la base américaine en Espagne (Rota) et même si elle a été démentie par le département d’État aux affaires étrangères, fait saliver le Maroc qui aspire en tirer des dividendes.
Il faut rappeler par ailleurs que le Maroc avait investi l’îlot Persil (Leila) le 11 juillet 2002. Un détachement de de la gendarmerie royale marocaine avait débarqué sur ce petit rocher inhabité, y dressant son campement et hissant le drapeau marocain. Cette action avait provoqué une vive réaction de l’Espagne qui avait dépêché une escouade de la Guardia civile qui avait fait prisonnier les assaillants et retiré le drapeau du fronton du phare de l’ilot. Depuis, le Maroc tente, à chaque fois, d’envoyer des milliers de clandestins à l’assaut de Ceuta et Mellila, dans une tentative de semer le désordre et pousser l’Espagne à réagir violemment.
Le dernier incident remonte au 24 juin 2022, quand près de 2 000 migrants, majoritairement des subsahariens avaient tenté un passage en force vers l’enclave de Mellila. Le bilan officiel fait état de 23 morts, mais des ONG comme l’AMDH Nador évoquent jusqu’à 77 disparus, dénonçant un usage excessif de la force par les services de sécurité marocains. Il faut rappeler également que les enclaves de Ceuta et Mellila ont été cédées par le roi du Maroc contre la récupération de la région du Rif, dans le cadre de l’accord du 7 avril 1956, conclu avec l’Espagne après la fin du protectorat français au Maroc. Donc Ceuta et Mellila sont historiquement des propriétés espagnoles reconnues par le Maroc, conformément à cet accord.
Slimane B.











































