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25 février 2024
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ACTUALITÉ

Entretiens entre Lamamra et Fabius, aujourd’hui, à Paris

Les relations bilatérales entre Alger et Paris seront au centre des entretiens entre le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, en visite de travail, aujourd’hui en France, et son homologue français, Laurent Fabius. Il sera aussi question, lors de ces discussions, de l’actualité internationale, notamment celle marquant la scène régionale.
Les deux ministres aborderont les relations algéro-françaises sur fond des objectifs escomptés par les rencontres et les visites soutenues de hauts responsables français à Alger, et celles de leurs homologues algériens à Paris. «Tous les aspects des relations bilatérales», selon les propos du porte-parole du Quai d’Orsay, seront abordés lors des entretiens des deux ministres, ainsi que «les questions régionales, notamment la sécurité dans le Sahel», a-t-il indiqué. Si le volet économique dans les relations entre Alger et Paris est, et continue d’être, au centre des rencontres régulières entre les responsables algériens et français, ainsi qu’entre les opérateurs économiques des deux pays, les questions politiques ne sont pas en marge. Notons que la visite du chef de la diplomatie algérienne, en France, intervient à moins d’un mois de la rencontre, mai prochain à Alger, entre opérateurs économiques des deux pays. Rencontre annoncée, pour rappel, début mars dernier, par le ministre de l’Industrie et des Mines, Abdessalem Bouchouareb, lors du point de presse animé conjointement avec le représentant du gouvernement français pour les relations économiques avec l’Algérie, Jean-Louis Bianco, en visite, à Alger, avec une délégation de dirigeants d’entreprises françaises. À cette occasion, il y a également l’annonce de 56 projets proposés au partenariat, et l’inauguration, lors de la rencontre précitée, de la deuxième usine du groupe français Bel à Boumerdès, avec un investissement à hauteur de 30 millions d’euros, après celle déjà installée, depuis 2006, à Koléa, Tipasa.
Le déplacement à Alger, début mars dernier, de Jean-Louis Bianco, s’est inscrit dans le cadre du renforcement des relations économiques, entre Alger et Paris, par l’évaluation des projets de coopération et de partenariat, et le suivi des Accords bilatéraux conclus, dans ce domaine, une visite intervenue, trois mois après la réunion mixte algéro-française, tenue décembre dernier à Paris. Les questions politiques et sécuritaires prévalant sur la scène régionale seront amplement abordées entre Lamamara et Fabius, aujourd’hui, sur fond de leurs approches respectives, notamment sur la crise en Libye, la lutte contre le terrorisme au Sahel, le processus du dialogue intermalien, sanctionné par l’Accord d’Alger, et aussi la dernière question de décolonisation en Afrique, inscrite à l’ONU, le Sahara occidental en l’occurrence. Partageant certes une préoccupation commune face à la dégradation de la situation en Libye, porteuse de risques majeurs sur le destin de ce pays, la Libye demeure, faut-il le souligner, otage des visées escomptées par l’intervention de l’Otan, dès l’avènement de la crise, mettant en marge les appels d’acteurs internationaux pour son règlement, dont ceux émis, par l’Algérie, l’Afrique du Sud et la Russie, pour ne citer que ces pays. Une crise qui a secoué la Libye et ses répliques ont précipité la dégradation de la situation sécuritaire au Mali, notamment dans sa partie nord, et l’intervention militaire française dans ce pays. Si le dialogue interlibyen inclusif peine à s’affirmer sur la scène libyenne, toujours en proie des combats entre les groupes armés, en faveur des groupes terroristes, il n’en demeure pas moins que davantage d’efforts sont à consentir pour sa réussite. En direction, notamment, de certains acteurs qui persistent à nourrir les tensions entre les frères libyens, à l’exemple du rôle de la Turquie et du Qatar, selon des observateurs avertis sur le dossier libyen. Alger, qui n’a cessé d’adopter, selon sa doctrine, l’approche pour le règlement des crises, de Libye, du Mali, de la Syrie, et plus récemment au Yémen -sous bombardements de la Coalition militaire, dirigée par l’Arabie saoudite, depuis près de deux semaine-, s’oppose à toute intervention militaire étrangère et refuse d’y prendre part. Pour rappel, Lamamra a encore affirmé, récemment à ce propos, que «l’ordre constitutionnel et la doctrine de l’Algérie ne permettent pas l’envoi de troupes combattantes hors de ses frontières nationales». Par ailleurs, sur un autre registre, la position algérienne, inspirée notamment de son processus historique, sur le Sahara occidental, est en droite ligne, faut-il le noter, avec la Légalité internationale, relative au droit du peuple sahraoui à un référendum d’autodétermination. Le Sahara occidental, question de décolonisation inscrite sur le registre des Nations unies, le rôle de la France, qui est, pour rappel, membre permanent au Conseil de sécurité, n’a pas été, à ce jour, en faveur de l’expression démocratique de ce droit par le peuple sahraoui. Paris fait perdurer, ainsi, la politique coloniale marocaine au Sahara occidental, affichant un soutien à la seule voie de solution prônée par le Maroc, laquelle proposition marocaine «d’autonomie» est fondamentalement en opposition avec le Droit international. La teneur de la rencontre et des discussions entre Lamamra et Fabius, aujourd’hui, à Paris, sur l’actualité internationale et notamment régionale seront rythmées par les donnes précitées des enjeux géostratégiques, respectivement, d’Alger et de Paris.
Karima Bennour

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