Mordor Intelligence, cabinet international d’études de marché et de conseil en stratégie d’entreprise fondé en 2014, est très optimiste quant aux perspectives de développement des énergies renouvelables en Algérie. Selon son récent rapport sur le marché des énergies renouvelables en Afrique, l’Algérie devrait enregistrer un taux de croissance annuel composé de 42,51 % du marché des énergies renouvelables au cours des cinq prochaines années, c’est-à-dire le rythme de croissance le plus rapide dans ce domaine sur la période 2026-2031. Le renforcement de la place de l’Algérie sur le marché des énergies renouvelables en Afrique est lié aux importants projets qu’elle avait lancés ces dernières années afin de développer l’électricité propre et l’hydrogène vert, selon Mordor Intelligence. Sur le plan continental, la capacité installée d’énergies renouvelables en Afrique devrait, selon le rapport, passer de 86,95 gigawatts en 2026 à 179,66 gigawatts à l’horizon 2031, soit un taux de croissance annuel composé de 15,62%. Dans le même contexte, l’hydroélectricité représentait la plus grande part du marché africain des énergies renouvelables en 2025, avec 62,25 %. Néanmoins, l’énergie solaire photovoltaïque devrait enregistrer le rythme de croissance le plus rapide sur la période 2026-2031, avec un taux de croissance annuel composé de 27,84 %. Cette évolution s’explique, selon la même source, par la baisse du coût des panneaux solaires et l’accélération de la réalisation des projets, ainsi que par le besoin croissant de diversifier les sources de production de l’électricité. En Algérie, l’accélération est portée par l’appel d’offres lancé en vue de la réalisation des projets d’énergie solaire d’une capacité totale de 1 gigawatts, outre l’investissement dans des projets d’hydrogène vert. Le rapport de Mordor Intelligence rappelle que deux centrales d’énergie solaire, d’une capacité totale de 400 mégawatts, sont entrées en service, au cours de l’année, tandis qu’une capacité de production supplémentaire de plus de 1.400 mégawatts est prévue en 2026, à la faveur d’autres projets qui seront réceptionnés respectivement. Ces projets, ajoute le cabinet international, entrent dans le cadre de la concrétisation de la première phase du projet de 3.200 mégawatts-crête d’énergie solaire photovoltaïque, qui prévoit la réalisation de 22 centrales et qui s’inscrit, lui-même, dans le cadre de l’ambitieux programme national en vue de la production de 15.000 mégawatts à l’horizon 2035. En parallèle, une opération de raccordement des zones éloignées au réseau électrique, notamment dans le sud, via des systèmes solaires individuels et des centrales photovoltaïques hors réseau est en cours. Le développement des énergies nouvelles et renouvelables ainsi que l’efficacité énergétique figurent parmi les priorités de la stratégie énergétique nationale dont un des objectifs essentiels est la réduction de l’empreinte carbone dans tous les secteurs d’activité qui utilisent les énergies fossiles. Il s’agit de la contribution de l’Algérie à la lutte contre le changement climatique provoqué par les émanations de gaz à effet de serre provenant particulièrement des activités énergivores. En même temps, l’Algérie se prépare à faire face au Mécanisme d’Ajustement Carbone aux Frontières (MACF, ou Carbon Border Adjustment Mechanism, CBAM) en application depuis janvier 2026 qui impose une tarification sur les produits importés ayant un impact environnemental significatif au sein de l’Union européenne. La création du ministère de l’Energie et des Energies renouvelables a permis de concentrer les efforts sur l’accélération de la réalisation des objectifs fixés. Le secteur des énergies renouvelables (englobant essentiellement l’énergie solaire, éolienne et l’énergie hydraulique) suscite un intérêt croissant au niveau mondial ces dernières années, porté par un besoin pressant de faire face aux changements climatiques.
M’hamed Rebah











