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CONCESSIONNAIRES AUTOMOBILES : L’accouchement de la liste finale pour bientôt

C’est peut-être la fin, cette fois-ci, du suspense et d’une attente qui n’a que trop duré pour les Algériens.

Dans les prochains jours on connaitra l’identité des nouveaux concessionnaires automobiles retenus pour l’exercice de cette activité, le gouvernement ayant décidé de libérer l’importation des véhicules neufs afin de répondre aux besoins du marché national. Le ministère du secteur va dévoiler prochainement la liste des premiers concessionnaires bénéficiaires des premières autorisations. « On a reçu, depuis le début de l’année en cours, des instructions du président de la République, et il y a un accord unanime au niveau du gouvernement pour libérer l’importation des véhicules neufs afin d’alimenter le marché national en véhicules de tout genre, notamment utilitaires qui sont nécessaires pour les institutions et les commerçants », a annoncé, dimanche dernier, le ministre de l’Industrie, Ferhat Aït Ali Braham, sur les ondes de la Chaîne II de la Radio nationale. À cet effet, le Comité interministériel chargé d’examiner les dossiers de demandes d’autorisations pour importer les véhicules neufs va se réunir pour remettre la liste finale des concessionnaires retenus, a-t-il ajouté. « Pour l’instant, sur le plan documentaire nous avons recensé 40 dossiers qui sont complets (…) et nous avons tardé dans le choix des dossiers d’importateurs de véhicules neufs, car il fallait bien examiner leur conformité aux conditions fixées dans le cahier des charges et s’assurer que le client ne soit pas pris en otage comme c’était le cas dans le passé », a-t-il expliqué. « Ce n’est pas l’État qui va importer les véhicules mais c’est les concessionnaires. Ceux qui ont des dossiers propres et qui répondent aux conditions fixées dans le cahier des charges, seront retenus », a-t-il encore ajouté. S’agissant des marques concernées par les premières autorisations d’importation, il a fait savoir qu’il y a des « marques intéressantes », et de tous les modèles, dont celles destinées aux petites bourses et qui ont donné leur accord aux concessionnaires algériens.

L’importation ou le choix par défaut
Pour Aït Ali Braham, la finalité n’est pas d’encourager l’importation mais c’est de bâtir une vraie industrie automobile en Algérie, tout en réaffirmant le maintien du taux d’intégration fixé pour l’industrie automobile, établi à un minimum de 30 % lors de la première phase d’activité. Le ministre de l’Industrie a fait savoir que les importations des véhicules touristiques ou utilitaires, camions y compris, seront plafonnées à 2 milliards de dollars maximum. Reste une autre question, celle qu’attend tout le monde : les Algériens qui s’empressent de connaitre toute nouveauté sur le retour à l’importation des voitures, pourront-ils enfin pouvoir accéder à une voiture neuve et pas trop chère ? Un espoir formulé par une large population, notamment suite à la crise sanitaire de coronavirus où la voiture s’est montrée indispensable pour se déplacer, les moyens de transports étant mis à l’arrêt forcé. Bien-sûr, il faut exclure ces deux dernières semaines où nombre de moyens de transport public et privé ont repris du service.
Mais, est-ce possible ?, vu la valeur du dinar en chute libre et l’annulation par l’État des avantages fiscaux dont bénéficiaient auparavant les usines de montage automobile installées en Algérie. Il faut souligner aussi la hausse des prix des pièces de rechange du fait qu’elles sont toutes importées de l’étranger, une cherté aggravée aussi par la dépréciation continue du dinar. Évoquant la situation des entreprises publiques du secteur industriel, il a affirmé qu’il « n’est pas question de privatiser les entreprises économiques publiques et s’il y a ouverture du capital, cette opération se fera à travers la Bourse d’Alger ». Pour le ministre, le problème de certaines entreprises réside dans la gestion et le management et non pas dans le financement, ce qui nécessite, poursuit-il, un vrai changement dans la composante humaine. « Nous avons discuté avec plusieurs groupes publics industriels et on a constaté que pour certains d’entres eux, le changement est impératif dans la composante humaine. Ces groupes nécessitent aussi de vrais plans de redressement pour pouvoir continuer leurs activités » a-t-il indiqué. Il a, dans ce sillage, souligné plusieurs filières nécessitaient la relance, dont le textile, le cuivre, la mécanique et la sidérurgie.

L’ENIEM commence à voir le bout du tunnel
S’agissant de la filière électronique et électroménagère, il a assuré que la situation de l’entreprise nationale ENIEM était en voie de règlement. « Le premier dossier qu’on va traiter est celui de l’ENIEM. On devrait aboutir à la solution lors de la rencontre qu’on va tenir au cours de la journée de ce dimanche », a-t-il assuré. Concernant la situation des entreprises du secteur dont les dirigeants ont été poursuivis en justice et gérées actuellement par des administrateurs désignés par l’État, il a affirmé qu’il faut attendre les décisions finales de la justice sur chaque cas et c’est sur la base de celles-ci que l’État va agir, tout en assurant que « les actifs de ces entreprises seront sauvegardés ». Invité au Forum du quotidien Echaâb, samedi dernier, le ministre Ferhat Aït Ali avait annoncé que des changements seront opérés cette semaine, ajoutant que les banques créancières sont disposées à revoir son dossier. Cette entreprise, au même titre que beaucoup d’autres, a subi une concurrence déloyale induite par la vision économique qui a prévalu durant des décennies où la réglementation a favorisé une industrie factice.
S’agissant de la situation du complexe sidérurgique El- Hadjar (Annaba), il a affirmé que le Complexe a un problème d’approvisionnement en matières premières. « Ce complexe a un plan de redressement, mais il a un problème d’approvisionnement et en attendant l’entrée en production du gisement de Ghar Djebilet, il ne doit pas perdre son temps. Le Complexe a le droit de s’approvisionner à travers notamment le recours à l’importation pour atteindre son autosuffisance quand les mines de Ouenza et de Boukhadra ne sont pas en mesure de lui fournir les quantités qu’il faut », a-t-il indiqué.
Hamid Mecheri