Huile

COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LA PÉNURIE DE L’HUILE DE TABLE : Les grossistes pointés du doigt

D’après les premières bribes de résultats de l’enquête menée par la commission parlementaire  sur la pénurie d’huile de table sur le marché durant les premiers jours de l’année, il apparaît que les grossistes ont eu un rôle de premier plan dans les perturbations dans la distribution de cette denrée de première nécessité. Ce n’est pas surprenant, en janvier 2011, une commission parlementaire créée pour la même raison, avait abouti à la même conclusion : le maillon des grossistes est déterminant dans le marché intérieur.
La commission doit soumettre son rapport au président de l’Assemblée populaire nationale avant qu’il ne soit transmis aux autorités compétentes concernées. La commission d’enquête parlementaire sur la pénurie de certains produits alimentaires de large consommation avait été installée le 13 janvier par le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil. Elle a commencé son travail trois jours après sur 14 wilayas frontalières (Tébessa, Souk Ahras, El Tarf, Naâma, Tlemcen, Béchar, Adrar, Bordj Badji Mokhtar, Tamanrasset, In Guezzam, Ouargla, el Oued, Illizi et Djanet). La commission s’est rendue également dans certains départements ministériels et services concernés, et dans les grandes villes.
Salah Goudjil avait rappelé aux membres de cette commission la responsabilité qui leur incombe compte tenu de « la dimension nationale que revêt la guerre lancée par l’État, sous la direction du président de la République, contre les auteurs de ces actes irresponsables et contraires à la loi ». Il a appelé à conjuguer les efforts pour régler ce problème et éliminer les pratiques en cause. En installant la commission, Salah Goudjil a demandé à ses membres de « faire preuve d’efficacité, effectuer leur travail  loin des médias et s’abstenir de toute déclaration ». Il ne faut donc pas s’attendre à des révélations significatives avant la remise du rapport aux services concernés. La question qui se pose est de savoir quelles suites seront données à ce rapport qui ne doit pas être « l’arbre qui cache la forêt ». Sur le marché intérieur, certains opérateurs qui disposent de la liberté de commercer versent carrément dans la fraude et se comportent en véritables provocateurs par leurs pratiques spéculatives visant à créer les pénuries de produits de première nécessité pour en augmenter le prix, y compris pour les produits subventionnés. L’approche du mois de ramadhan, mois de grande consommation par excellence, va sans doute aiguiser leur appétit.  Au début de ce mois, le ministre du Commerce et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig a dû lui-même effectuer, une visite d’inspection dans la capitale pour vérifier l’état de l’approvisionnement du marché en denrées alimentaires de base et de large consommation et constater de visu les « grandes » quantités d’huile de table qui étaient distribuées. Il a visité des centres de stockage  et de distribution d’huile de table pour s’enquérir de la situation.
L’état chaotique du commerce intérieur apparait dans le nombre d’affaires présentées devant la Justice dans le cadre de la lutte contre la corruption et contre la hausse des prix. Selon Kamel Rezig il y a eu en 2021, 145 359 procès-verbaux de poursuites judiciaires liées à la spéculation et la hausse des prix. Durant la même année, le ministère du Commerce a proposé la fermeture de 12 004 locaux commerciaux et pris des mesures administratives conservatoires consistant en la saisie de marchandises d’une valeur dépassant 2 milliards de DA. En cause, principalement, le stockage illégal de la pomme de terre et de l’huile. Dernièrement, les contrôles des services du ministère du Commerce ont conduit à l’arrêt de l’approvisionnement de quatre opérateurs économiques et à la fermeture administrative de quatre locaux commerciaux, avec la saisie de 64 tonnes d’huile de table, pour une valeur marchande estimée à 3,02 millions DA.
M’hamed Rebah