La Cisjordanie occupée s’enfonce dans une spirale de violence, de déplacements forcés et de violations systématiques du droit international. L’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) a alerté sur une situation humanitaire alarmante, révélant que plus de 12 000 enfants palestiniens vivent toujours en situation de déplacement forcé à la suite des opérations militaires israéliennes en cours, principalement dans le nord du territoire.
Depuis le 21 janvier 2025, l’armée israélienne mène une vaste offensive baptisée « Mur de fer », lancée dans le camp de réfugiés de Jénine avant de s’étendre aux camps de Nour Shams et de Tulkarem. Ces zones sont soumises à un siège étouffant, accompagné de destructions massives d’habitations, d’infrastructures et de commerces. Selon des chiffres officiels, près de 50 000 Palestiniens ont été contraints de fuir leurs foyers. Face à l’effondrement du cadre de vie et à la déscolarisation massive, l’UNRWA a annoncé le lancement d’un programme éducatif d’urgence en février 2025. Celui-ci vise à garantir la continuité de l’enseignement pour les enfants déplacés à travers des espaces d’apprentissage temporaires, l’enseignement à distance et un accompagnement psychosocial. L’agence rappelle qu’environ 48 000 enfants palestiniens sont scolarisés dans ses établissements en Cisjordanie, aujourd’hui gravement perturbés. Sur le terrain, la répression se poursuit. Lundi, les forces d’occupation ont envahi la localité de Jaba’, au sud de Jénine, transformant une maison en base militaire. Dans le sud de la Cisjordanie, la journaliste palestinienne Inas Ikhlawi a été arrêtée après une perquisition de son domicile à Idhna, près d’Al-Khalil, illustrant une nouvelle fois le ciblage des voix médiatiques palestiniennes. Les violences armées continuent également de frapper les civils. À l’est de Qalqilya, les forces d’occupation ont ouvert le feu sur un véhicule civil, blessant un jeune homme de 18 ans et une fillette de 14 ans par balles réelles. Les incursions se sont aussi étendues aux abords du camp d’Al-Far’a, au sud de Tubas, accentuant le climat de terreur. Cette escalade s’inscrit dans un contexte plus large de militarisation et de colonisation accélérée. Selon l’Autorité palestinienne de résistance au mur et à la colonisation, l’année 2025 a enregistré un nombre record de 23 827 attaques menées par l’armée d’occupation et les colons contre les Palestiniens et leurs biens. Ces agressions ont visé les personnes, les terres agricoles, les habitations et les infrastructures vitales. Le président de l’Autorité, Muayyad Shaaban, a décrit 2025 comme une année « saturée de sang et de décisions », soulignant que l’occupation cherche désormais à redéfinir non seulement le contrôle territorial, mais aussi l’existence même du peuple palestinien. Les incendies provoqués par les colons, les démolitions massives et l’expansion coloniale illustrent une politique visant à étouffer toute perspective de vie digne. Cette situation dramatique en Cisjordanie s’ajoute au bilan catastrophique de la guerre d’extermination menée contre Ghaza depuis octobre 2023, qui a fait plus de 71 000 martyrs et 171 000 blessés, majoritairement des femmes et des enfants, et détruit l’essentiel des infrastructures civiles. Alors que l’ONU estime le coût de la reconstruction à 70 milliards de dollars, la réalité quotidienne des Palestiniens, de Ghaza à la Cisjordanie occupée en passant par El-Qods, reste marquée par la violence, le déplacement forcé et l’impunité.
M. S.











































