CISJORDANIE OCCUPÉE : 1 401 actes de violation recensés en une semaine

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Les forces d’occupation sionistes et les colons poursuivent leurs agressions contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, dans un contexte marqué par une recrudescence des attaques visant les agriculteurs durant la saison de la récolte des olives.
Selon le dernier rapport hebdomadaire du Centre d’information palestinien « Maata », 1 401 violations ont été recensées entre le 9 et le 15 octobre, faisant un martyr et 86 blessés, tandis que les restrictions militaires et les opérations de répression continuent de perturber le quotidien des habitants. D’après le bilan de l’organisation, ces violations comprennent notamment 153 arrestations et placements en détention, 181 agressions commises par des colons et 206 incursions dans des zones et localités palestiniennes. Le rapport fait également état de 356 cas de fermeture, de 189 situations de restrictions imposées aux barrages militaires, de 75 perquisitions de domiciles, de 69 confiscations de biens ainsi que de 52 opérations de démolition et de destruction de propriétés palestiniennes. Les agressions directes comprennent également 16 incidents de tirs, sept cas d’agression physique et de passage à tabac, quatre attaques contre des équipes médicales et des journalistes, deux agressions contre des établissements d’enseignement et deux incendies visant des biens et des lieux saints. Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte marqué par la poursuite des incursions des forces d’occupation dans les villes, les localités et les camps palestiniens, ainsi que par l’intensification des attaques de colons contre les habitants, en particulier les agriculteurs. Ces derniers sont confrontés à des agressions répétées alors qu’ils tentent de récolter leurs olives, sur fond de durcissement des restrictions militaires imposées à la circulation des Palestiniens dans les différentes régions de Cisjordanie occupée.

Les oléiculteurs pris pour cible
Sur le terrain, les agressions contre les agriculteurs et les cueilleurs d’olives se sont multipliées dans plusieurs secteurs de la Cisjordanie occupée. Les attaques visent aussi bien les personnes que leurs véhicules, leurs terres et leurs récoltes, avec pour conséquence de compromettre le déroulement de la saison oléicole et de limiter l’accès des Palestiniens à leurs terres agricoles. À Jabal Rujib, à l’est de Naplouse, des colons ont incendié un véhicule palestinien après l’avoir poursuivi. Son conducteur a toutefois réussi à échapper à l’agression. Dans la localité de Qabalan, au sud-est de Naplouse, de violents affrontements ont éclaté entre des agriculteurs et des colons dans les terres agricoles, avant que ces derniers ne prennent la fuite. Dans la localité de Beita, au sud de Naplouse, deux agriculteurs ont été blessés lors d’une attaque menée par des colons contre des cueilleurs d’olives. Dans la plaine agricole de la localité d’Aqraba, au sud-est de Naplouse, des colons ont également agressé des agriculteurs et utilisé du gaz poivre contre eux, faisant plusieurs blessés. Dans le gouvernorat de Jénine, les forces d’occupation ont arrêté deux agriculteurs alors qu’ils récoltaient des olives sur les terres du village de Bartaa, au nord-ouest du gouvernorat. Cette arrestation vient s’ajouter aux nombreuses violations auxquelles sont confrontés les travailleurs agricoles palestiniens pendant cette période de récolte. Dans le gouvernorat de Ramallah, des colons ont attaqué des agriculteurs sur des terres situées à l’est du village de Ramoun, les ont agressés et ont dérobé le téléphone de l’un d’entre eux. Ces violences se sont accompagnées d’actes d’intimidation et de provocations contre les personnes présentes sur les lieux. Dans le gouvernorat de Qalqiliya, des colons ont également pris pour cible des agriculteurs palestiniens dans la zone d’Al-Wadat, dans le village de Hajja, à l’est du gouvernorat. Ces agressions interviennent alors que les attaques contre les cueilleurs d’olives se multiplient depuis le début de la saison. Elles se traduisent notamment par des violences physiques, des entraves à l’accès aux terres, des dégradations de biens et la destruction de récoltes. Ces pratiques privent de nombreux agriculteurs de la possibilité de travailler leurs terres et de tirer des revenus de leurs productions. Au-delà des atteintes aux personnes et aux biens, les restrictions d’accès aux terres agricoles constituent une menace directe pour les moyens de subsistance des familles palestiniennes qui dépendent de la récolte des olives. Elles aggravent également les difficultés économiques des communautés rurales, déjà confrontées aux incursions militaires et aux entraves à la circulation.

La résistance dénonce la politique d’expropriation
Dans une réaction à ces attaques, le mouvement de résistance palestinien a dénoncé l’ampleur des agressions perpétrées par des colons armés dans les villages de Cisjordanie occupée, affirmant qu’elles bénéficient de la protection et de la participation directe de l’armée d’occupation. Le mouvement a estimé que ces attaques constituaient une escalade dangereuse dans une politique visant, selon lui, à déraciner la présence palestinienne de ses terres, allant jusqu’à les qualifier de pratiques relevant du nettoyage ethnique. La résistance a également affirmé que ces agressions ne relevaient pas d’actes isolés ou incontrôlés, mais de crimes organisés qu’il attribue au gouvernement de l’occupation et à son armée. Selon le mouvement, les colons sont utilisés pour mettre en œuvre des projets d’annexion, de déplacement forcé de la population, d’appropriation des terres palestiniennes et de fragmentation territoriale des villes et des villages. La multiplication des attaques durant la saison oléicole illustre ainsi les difficultés croissantes rencontrées par les agriculteurs palestiniens pour accéder à leurs terres et préserver leurs récoltes. Entre agressions de colons, arrestations, démolitions et restrictions militaires, la population de Cisjordanie occupée demeure confrontée à une succession de mesures qui affectent ses conditions de vie, ses activités agricoles et son accès aux ressources.
M. Seghilani