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CAN sous tension arbitrale : Victoire polémique du Maroc

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Qualifié pour les quarts de finale au terme d’un succès étriqué dimanche face à la Tanzanie (1-0), le Maroc a rempli l’essentiel devant son public de Rabat. Mais au-delà du résultat sportif, la rencontre a surtout ravivé un vieux débat qui colle au football africain : celui de l’arbitrage et de ses zones d’ombre. Une décision contestée en fin de match a suffi à faire basculer la victoire des Lions de l’Atlas dans la controverse.
Dimanche après-midi, au stade Moulay Abdellah de Rabat, le Maroc a validé son billet pour les quarts de finale de la compétition. Face à une équipe tanzanienne accrocheuse et disciplinée, les hommes de Walid Regragui ont dû patienter jusqu’à la 63e minute pour faire la différence. Brahim Diaz a inscrit l’unique but de la rencontre, profitant d’un service précis d’Achraf Hakimi, de retour dans le onze de départ après son absence lors du match précédent. Sur le plan strictement sportif, la victoire marocaine ne souffre d’aucune contestation majeure. Favoris sur le papier, soutenus par un stade acquis à leur cause, les Lions de l’Atlas ont dominé la possession et se sont procuré les occasions les plus franches. Toutefois, leur manque de réalisme et la résistance tanzanienne ont longtemps maintenu le suspense, laissant planer le doute jusqu’au coup de sifflet final. C’est précisément dans les dernières minutes que la rencontre a basculé dans la polémique. Sur une action dans la surface marocaine, Iddy Nado s’effondre après un contact avec Adam Masina. Les Tanzaniens réclament immédiatement un penalty. L’arbitre de la rencontre, Boubou Traoré, reste impassible et ne désigne pas le point de penalty. Plus surprenant encore, il ne sollicite pas l’assistance de la VAR pour revoir l’action.

La colère tanzanienne
Cette décision a provoqué une vive réaction du camp tanzanien. À chaud, le sélectionneur Miguel Angel Gamondi n’a pas caché son incompréhension. « Je suis sous le coup de l’émotion. J’ai demandé à l’arbitre pourquoi il n’a pas demandé à aller au VAR. Je pense que tout le monde l’a vu », a-t-il déclaré, tout en prenant soin de préciser qu’il ne voulait pas juger l’homme en noir. Un discours mesuré dans la forme, mais lourd de sens sur le fond. Même son de cloche chez les joueurs.
Haji Mnoga a estimé que l’arbitre avait manqué de cohérence dans ses décisions. « Partout ailleurs sur le terrain, l’arbitre a sifflé des fautes de ce genre. S’il le fait ailleurs, il doit le faire aussi dans la surface », a-t-il regretté. Pour les Tanzaniens, ce penalty non accordé aurait pu changer le cours du match et, peut-être, de leur tournoi. La presse et les supporters tanzaniens ont, eux aussi, exprimé leur frustration. Le quotidien  » The Citizen » évoque des décisions « marginales » qui auraient semblé favoriser le Maroc, dénonçant un manque d’équité dans un match à fort enjeu.
Des critiques qui dépassent le cadre de cette seule rencontre et qui ravivent un sentiment de défiance récurrent envers l’arbitrage sur le continent africain.

Le rôle trouble du commissaire au match
Au-delà de l’action litigieuse, d’autres éléments viennent renforcer le malaise et alimenter la polémique. Le commissaire du match Maroc–Tanzanie était encore une fois Rony Daniel Lozaya, originaire du Congo, un nom désormais familier lorsqu’il s’agit des rencontres de la sélection marocaine dans cette compétition. En effet, ce dernier a officié en tant que commissaire sur l’ensemble des matchs du Maroc depuis le début de la phase de groupes, une répétition qui interroge plus d’un observateur averti. Fonctionnaire clé dans l’organisation d’un match, le commissaire joue un rôle central : il supervise l’arbitrage, veille à l’application des règlements et rédige un rapport officiel transmis à la CAF. Sa neutralité et son indépendance doivent donc être irréprochables. Or, la désignation systématique du même commissaire pour les rencontres d’une seule sélection, qui plus est pays hôte, soulève des interrogations légitimes sur les principes d’équité et de rotation prônés par les instances africaines. La situation devient d’autant plus sensible que Rony Daniel Lozaya est membre du Comité des arbitres de la CAF, une instance stratégique chargée de la désignation, de l’évaluation et de la promotion des arbitres continentaux. Réélu pour un nouveau mandat le 17 octobre 2025, il occupe une position d’influence au sein de la Confédération. Pour certains observateurs, ce cumul de responsabilités et cette omniprésence autour des matchs du Maroc donnent une image pour le moins maladroite de la gouvernance arbitrale de la CAF. Sans preuve formelle d’une quelconque manipulation, ces éléments suffisent néanmoins à nourrir les soupçons d’un arbitrage orienté, voire d’une organisation favorable au pays organisateur. Une perception qui fait écho aux critiques récurrentes visant Fouzi Lekjaa et la CAF, régulièrement accusés de manquer de transparence dans la gestion des grandes compétitions africaines. Côté marocain, le discours reste focalisé sur la qualification. Le staff et les joueurs préfèrent retenir la solidité défensive, le retour concluant d’Hakimi et l’efficacité de Brahim Diaz. Une approche pragmatique, classique à ce stade de la compétition, mais qui ne suffira pas à faire taire les débats.
Qualifié mais contesté, le Maroc poursuit son chemin, tandis que l’ombre de l’arbitrage plane une fois de plus sur la CAN : jusqu’à quand ces zones grises continueront-elles de polluer le football africain ?
Mohamed Amine Toumiat

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