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Après le cadeau offert aux Lions de l’Atlas par la CAF : Le football comme écran politique face à la crise sociale au Maroc

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Dans un contexte marqué par une flambée spectaculaire des prix du carburant au Maroc, la contestation sociale a récemment pris de l’ampleur, révélant un malaise profond au sein de la population.

Entre inflation persistante, pouvoir d’achat en berne et sentiment d’injustice économique, la pression sur les autorités ne cesse de croître. C’est dans ce climat tendu que la dernière décision de la CAF de retirer le trophée de la CAN- 2025, organisée au Maroc au profit du pays organisateur, apparaît, pour certains observateurs, comme bien plus qu’un simple événement sportif.

Au cœur de cette lecture critique figure Fouzi Lekjaa, personnalité influente à la fois dans les sphères sportives et financières. Sa double casquette alimente les soupçons d’un usage stratégique du football pour détourner l’attention des tensions sociales. Selon cette analyse, le trophée de la CAN 2025 servirait de levier pour canaliser temporairement la frustration populaire et instaurer une forme de trêve sociale.

Une diversion bien orchestrée ?

L’histoire récente montre que les grands événements sportifs peuvent jouer un rôle de « soupape » dans des contextes de crise. La mobilisation nationale autour du football, les investissements dans les infrastructures et l’attention médiatique qu’ils génèrent contribuent souvent à reléguer au second plan les revendications sociales. Dans le cas marocain, certains critiques estiment que cette stratégie serait délibérément utilisée pour « acheter du temps » face à une contestation grandissante.

Le fait d’avoir obtenu (dans les bureaux de la CAF et non sur les terrains) un titre continental que tout un pays attendait depuis 50 ans suscite certes un engouement populaire indéniable. Mais cette ‘’consécration’’ intervient aussi à un moment où les choix économiques du gouvernement sont de plus en plus contestés. L’augmentation des prix du carburant, en particulier, a un effet domino sur l’ensemble des coûts de la vie, accentuant les inégalités et fragilisant les classes moyennes et populaires.

Une crise différée, mais non résolue

Au-delà de l’événement lui-même, les critiques pointent un risque majeur : celui de masquer temporairement une crise sans en traiter les causes profondes. L’enthousiasme suscité par la CAN pourrait offrir un répit de quelques mois, mais les difficultés structurelles — inflation, chômage, disparités sociales — demeurent intactes.

Certains vont plus loin en évoquant des enjeux juridiques internationaux susceptibles de rebattre les cartes. La possibilité d’une décision du Tribunal arbitral du sport (TAS) annulant carrément celle de la commission d’appel de la CAF alimente les spéculations.

Dans un pays où le football occupe une place centrale dans l’imaginaire collectif, son utilisation à des fins de gestion de crise pose question. Si la passion sportive peut unir, elle ne saurait durablement remplacer des réponses concrètes aux préoccupations sociales.

Dans la foulée, une interrogation persiste : le football peut-il réellement apaiser une crise économique et sociale profonde, ou ne fait-il que repousser l’inévitable confrontation avec ses causes ?

H. S.

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